vendredi 26 mars 2010
Par Pierre Albertini,
vendredi 26 mars 2010 à 19:26 :: General
L'Eglise est secouée par les affaires et les soupçons de pédophilie qui pèsent sur elle. Les propos du Pape (dont j'apprécie moyennement l'action par ailleurs) ont été d'une grande fermeté. Comme la déclaration des Evêques de France aujourd'hui. Ces pratiques, aussi graves soient-elles, ne doivent évidemment pas jeter le discrédit sur l'Eglise tout entière. Songe-t-on à fermer l'école lorsque des instituteurs se laissent aller à des tentations coupables ?
Mais il faut reconnaître que le problème vient de loin : la hiérarchie catholique comme les familles ont trop longtemps sous-estimé le trouble et les souffrances subis par les jeunes sur lesquels s'exerçaient allusions mystérieuses, caresses insistantes ou actes plus graves encore. Les victimes elles-mêmes ne s'en ouvraient ni à leurs parents ni à leur entourage, de crainte de n'être pas compris. On couvrait souvent d'un silence faussement pudique, complaisant, voire complice, des pratiques condamnables mais rarement poursuivies.
A l'époque, le refus de regarder en face la pédophilie, dans la société en général et dans l'Eglise en particulier, contrastait par exemple avec la sévérité du jugement porté sur les prêtres ayant des relations "coupables" avec des femmes, pourtant majeures et consentantes. Inégalité de traitement, révélatrice de la respectabilité dont l'Eglise voulait donner l'image. Abusant de l'autorité qui s'attachait encore à la soutane, la pédophilie était pourtant cent fois plus condamnable et ses conséquences sur l'équilibre et la personnalité des victimes mille fois plus profondes. Ce temps est révolu aujourd'hui, il faut s'en réjouir. Mais ce trop long silence explique l'émotion qui entoure la découverte d'actes, même très minoritaires, mais toujours inadmissibles, quels qu'en soient leurs auteurs.
un commentaire
:: aucun trackback
lundi 22 mars 2010
Par Pierre Albertini,
lundi 22 mars 2010 à 20:46 :: General
Le vent du premier tour ne laissait planer aucune incertitude sur l'issue du second. La droite est clairement minoritaire :
35% contre
54%. La progression de la participation (plus 4 points) a légèrement et inégalement profité à l'UMP et si elle lui permet de conserver l'Alsace, elle reste insuffisante pour combler le retard accumulé le 14 mars.
A gauche, les reports de voix se sont bien effectués comme au plus beau temps de l'union. A l'extrême-droite, le Front national progresse dans toutes les régions (12) où il était présent au second tour : la moyenne nationale qui lui est attribuée (9,4 %) doit donc être fortement corrigée. Dans plusieurs régions (PACA, Nord-Pas de Calais, Lorraine, Languedoc-Roussillon), le FN dépasse ou tangente les 20%.
Si le vote-sanction ne fait pas de doute, deux inconnues vont dominer la vie politique :
-l'aptitude de la gauche à préparer, dans de bonnes conditions, l'élection-reine de 2012. Ce n'est pas gagné ! Europe Ecologie reste un agrégat hétérogène et fragile, les primaires peuvent tourner à l'affrontement entre les présidentiables, le renouvellement des idées socialistes est encore à démontrer.
- la capacité de rebond du Président et du courant majoritaire (qui ne l'est plus aujourd'hui) : son électorat de 2007 s'est dispersé, la crédibilité de Nicolas Sarkozy est entamée et surtout le sens des réformes n'est guère compris. En politique (particulièrement depuis les années 80), on construit sur du sable.
2 commentaires
:: aucun trackback
mercredi 17 mars 2010
Par Pierre Albertini,
mercredi 17 mars 2010 à 20:35 :: General

Rencontre avec l'auteur Didier LONG qui viendra présenter son dernier livre :
jeudi 18 mars, à la librairie L'Armitière, 18 heures.
2 commentaires
:: aucun trackback
lundi 15 mars 2010
Par Pierre Albertini,
lundi 15 mars 2010 à 18:38 :: General
Il y a plusieurs lectures possibles des élections régionales du 14 mars. Les responsables politiques qui se sont succédé, sur les plateaux et les antennes, nous ont abreuvés de leurs commentaires. Cela allait de la satisfaction affichée (en gros, tous les leaders de la gauche), à l'encouragement type méthode Coué (prodigué par le duo des ineffables Xavier Bertrand et Hervé Morin). Bref, du grand classique médiatique. Seul, le MoDem faisait part de sa déception et évoquait son échec. Il est vrai que de 2007 à 2010, François Bayrou a divisé par quatre son électorat. En matière de glisse électorale, difficile de faire plus schuss !
C'est sur le terrain des chiffres que je voudrais me placer, le plus objectivement possible. Pour moi, ils autorisent quatre leçons majeures :
- l'abstention record (53,6%) : niveau jamais atteint pour des élections régionales, même si pour la première fois depuis 1986, elles n'étaient pas couplées à d'autres élections. Quoi qu'on en dise, ce n'est pas un signe de confiance à l'égard de la politique telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui. Toutes les formations devraient être interpellées par cet effritement du socle démocratique
- un rapport des forces au net avantage de la gauche (PS+Europe Ecologie+Front de gauche = 48,1%, plus de 50% si l'on y ajoute l'extrême gauche) : elle devance nettement l'UMP (26,3%) qui atteint là son score le plus faible et va aborder le second tour sans pouvoir passer d'alliance électorale avec quiconque.
- le rééquilibrage au sein de la gauche : il profite évidemment au parti socialiste qui redevient le premier parti de France (29,1% avec ses alliés PRG et MRC) et à Europe Ecologie qui s'installe dans le paysage politique (12,1%), sans pouvoir rééditer son score des européennes. Le Front de gauche, alliance du PC, de JL Mélanchon et de la gauche unitaire, sauve les meubles. Sa plus grande satisfaction est l'élimination du MoDem dans la course aux fusions de l'entre-deux tours.
-le maintien du Front national à un niveau élévé(11,4%) : avec des pics en PACA et dans le Nord-Pas de Calais, il peut se maintenir dans 12 régions. Après la forte poussée de 2002 et de 2004, les sondages le donnaient plus bas, pronostic démenti par les électeurs.
La question la plus importante est évidemment celle de la décomposition des abstentionnistes, de loin les plus nombreux le 14 mars. On en retrouve évidemment sur tout l'échiquier politique, de l'extrême gauche à l'extrême droite, et la crise n'y est pas pour rien. Mais la comparaison des électorats respectifs montre que l'abstention a été plus élévée à droite. Réserve de votants pour le deuxième tour, estime l'UMP ? Je n'y crois pas un seul instant. C'est, selon moi, un signe de désenchantement, un avertissement clair donné au président de la République qui ferait mieux de ne plus dire désormais : "à élections régionales, conséquences régionales". Réponse le 21.
4 commentaires
:: aucun trackback
jeudi 11 mars 2010
Par Pierre Albertini,
jeudi 11 mars 2010 à 14:04 :: General

Depuis une dizaine d'années, les élections réservent une surprise aux commentateurs autori
sés. La plus énorme a été celle de 2002, avec l'élimination de Lionel Jospin au premier tour. En 2004, 20 régions sur 22 passent au PS qui n'en attendait pas tant. En 2008, les élections municipales voient un raz-de-marée rose déferler sur les grandes villes. L'an dernier, l'UMP gagne les élections européennes..
Les 14 et 21 mars prochain, quelle surprise sortira des urnes ? On ne peut que formuler des hypothèses :
un redressement inespéré de l'UMP ? un parti socialiste en tête dès le premier tour ? une poussée spectaculaire d'Europe Ecologie, talonnant dans plusieurs régions la liste socialiste sortante ? une percée du MoDem que les intentions de vote placent régulièrement au-dessous de 5 points ? Nous sommes condamnés à attendre le dépouillement des bulletins. C'est au fond réconfortant : les sondages dont on nous abreuve ne remplacent pas le vote des Français. Ma seule certitude est que l'abstention sera élevée, signe que les élections régionales ne passionnent pas les électeurs (on le savait déjà ) mais plus encore que le fossé entre la politique et le peuple est bien loin d'être résorbé.
3 commentaires
:: aucun trackback
jeudi 4 mars 2010
Par Pierre Albertini,
jeudi 4 mars 2010 à 16:53 :: General

En mars 2000, les 15 adoptaient, à Lisbonne, un programme d'actions destiné à faire de l'Europe, à l'horizon 2010, l'économie la plus compétitive et la plus verte du monde. A mi-parcours, j'avais déjà eu l'occasion de souligner la modestie des résultats obtenus. Au moment où s'achève ce programme, le bilan est fortement négatif. La compétitivité extra-européenne a augmenté plus vite, la désindustrialisation se poursuit, aucun pays ne consacre 3% de son PIB à la recherche et, du fait de la crise, le chômage retrouve un de ses niveaux les plus élévés. La promotion d'une "économie de la connaissance" a fait long feu.
Ce slogan lui-même était déjà mal choisi, je l'avais ressenti comme une injure aux générations précédentes considérées, a contrario, comme des économies de l'ignorance. Mais surtout, la stratégie de Lisbonne a doublement pêché : par son caractère excessivement optimiste et par son absence de caractère incitatif, voire contraignant. On en paie les conséquences aujourd'hui. Au moment où l'on annonce, pour 2010-2020, un programme nouveau pour dynamiser la croissance, l'emploi et le développement durable, deux priorités me paraissent évidentes : d'une part, renforcer le début de régulation financière esquissé depuis quelques mois, d'autre part, mettre en place une coordination des politiques économiques, prélude à un futur "gouvernement " économique de l'Europe. Tout le reste est littérature ou affichage. Si l'Union renonce à agir sur ces deux axes majeurs, il est inutile de concevoir un nouveau programme pour 10 ans, quel que soit le nom qu'on lui donnera.
7 commentaires
:: aucun trackback
Par Pierre Albertini,
jeudi 4 mars 2010 à 16:19 :: General

Tranquille assurance et maîtrise du ballon, solidarité entre les joueurs, précision des passes, libération d'espaces...Vous avez compris que je parle de l'équipe d'Espagne qui a donné aux bleus une leçon de foot en première mi-temps. Le seconde période fut un peu moins décevante mais, dans l'ensemble, les 11 Français n'ont jamais été à la hauteur de leurs adversaires, à l'exception de quelques trop rares dribbles de Ribéry. Plus grave encore, l'équipe nationale ne fait plus rêver, ne suscite plus l'enthousiasme, les joueurs sont médiocrement appliqués, leur vision du jeu est le plus souvent étriquée. A ce rythme, on finira bien au niveau de l'Egypte. Tout est à reconstruire avant 3 mois !
aucun commentaire
:: aucun trackback