Blog de Pierre Albertini

jeudi 4 mars 2010

Stratégie de Lisbonne : le fiasco



En mars 2000, les 15 adoptaient, à Lisbonne, un programme d'actions destiné à faire de l'Europe, à l'horizon 2010, l'économie la plus compétitive et la plus verte du monde. A mi-parcours, j'avais déjà eu l'occasion de souligner la modestie des résultats obtenus. Au moment où s'achève ce programme, le bilan est fortement négatif. La compétitivité extra-européenne a augmenté plus vite, la désindustrialisation se poursuit, aucun pays ne consacre 3% de son PIB à la recherche et, du fait de la crise, le chômage retrouve un de ses niveaux les plus élévés. La promotion d'une "économie de la connaissance" a fait long feu.

Ce slogan lui-même était déjà mal choisi, je l'avais ressenti comme une injure aux générations précédentes considérées, a contrario, comme des économies de l'ignorance. Mais surtout, la stratégie de Lisbonne a doublement pêché : par son caractère excessivement optimiste et par son absence de caractère incitatif, voire contraignant. On en paie les conséquences aujourd'hui. Au moment où l'on annonce, pour 2010-2020, un programme nouveau pour dynamiser la croissance, l'emploi et le développement durable, deux priorités me paraissent évidentes : d'une part, renforcer le début de régulation financière esquissé depuis quelques mois, d'autre part, mettre en place une coordination des politiques économiques, prélude à un futur "gouvernement " économique de l'Europe. Tout le reste est littérature ou affichage. Si l'Union renonce à agir sur ces deux axes majeurs, il est inutile de concevoir un nouveau programme pour 10 ans, quel que soit le nom qu'on lui donnera.

Il y a quelque chose de cassé entre l'équipe de France de foot et son public



Tranquille assurance et maîtrise du ballon, solidarité entre les joueurs, précision des passes, libération d'espaces...Vous avez compris que je parle de l'équipe d'Espagne qui a donné aux bleus une leçon de foot en première mi-temps. Le seconde période fut un peu moins décevante mais, dans l'ensemble, les 11 Français n'ont jamais été à la hauteur de leurs adversaires, à l'exception de quelques trop rares dribbles de Ribéry. Plus grave encore, l'équipe nationale ne fait plus rêver, ne suscite plus l'enthousiasme, les joueurs sont médiocrement appliqués, leur vision du jeu est le plus souvent étriquée. A ce rythme, on finira bien au niveau de l'Egypte. Tout est à reconstruire avant 3 mois !