Le vent du premier tour ne laissait planer aucune incertitude sur l'issue du second. La droite est clairement minoritaire : 35% contre 54%. La progression de la participation (plus 4 points) a légÚrement et inégalement profité à l'UMP et si elle lui permet de conserver l'Alsace, elle reste insuffisante pour combler le retard accumulé le 14 mars.

A gauche, les reports de voix se sont bien effectuĂ©s comme au plus beau temps de l'union. A l'extrĂȘme-droite, le Front national progresse dans toutes les rĂ©gions (12) oĂč il Ă©tait prĂ©sent au second tour : la moyenne nationale qui lui est attribuĂ©e (9,4 %) doit donc ĂȘtre fortement corrigĂ©e. Dans plusieurs rĂ©gions (PACA, Nord-Pas de Calais, Lorraine, Languedoc-Roussillon), le FN dĂ©passe ou tangente les 20%.

Si le vote-sanction ne fait pas de doute, deux inconnues vont dominer la vie politique :
-l'aptitude de la gauche à préparer, dans de bonnes conditions, l'élection-reine de 2012. Ce n'est pas gagné ! Europe Ecologie reste un agrégat hétérogÚne et fragile, les primaires peuvent tourner à l'affrontement entre les présidentiables, le renouvellement des idées socialistes est encore à démontrer.
- la capacité de rebond du Président et du courant majoritaire (qui ne l'est plus aujourd'hui) : son électorat de 2007 s'est dispersé, la crédibilité de Nicolas Sarkozy est entamée et surtout le sens des réformes n'est guÚre compris. En politique (particuliÚrement depuis les années 80), on construit sur du sable.