Blog de Pierre Albertini

mercredi 30 juin 2010

Croissance de la dette inexorable



Pour la premiÚre fois, la dette publique française a dépassé 80 % de la richesse nationale, mesurée par le PIB. Rappelons que le traité de Maastricht avait placé la barre à 60 %. Pour l'essentiel, cette augmentation récente, imputable à l'Etat et à la Sécurité Sociale, résulte du plan de relance de l'économie mis en oeuvre aprÚs la crise. Elle ne constituerait pas un réel problÚme si elle ne venait s'ajouter à un accroissement continu de notre endettement depuis des années et des années. Le laxisme financier se paie toujours au prix fort.

Pour le moment, la signature de la France est bonne comme s'est empressĂ©e de le souligner la ministre Christine Lagarde. Mais il n'y a pas de quoi pavoiser. MĂ©caniquement, le poids de la dette va continuer de s'alourdir en 2011 et 2012. C'est inexorable. Mais surtout, le plus prĂ©occupant est notre extrĂȘme sensibilitĂ© aux taux d'intĂ©rĂȘt auxquels nous allons souscrire nos prĂȘts Ă  venir. DĂ©jĂ , nous empruntons Ă  des conditions moins favorables que l'Allemagne. Si cette dĂ©rive se poursuivait, notre situation s'aggraverait rapidement, ilustrant la fameuse "thĂ©orie des dominos". AprĂšs la GrĂšce, l'Espagne, le Portugal...Vous devinez la suite.

Quant au dĂ©ficit budgĂ©taire, il Ă©quivaut actuellement Ă  8 % du PIB. Le Gouvernement voudrait le ramener Ă  6 % l'an prochain et Ă  3 % en 2013. Cela nĂ©cessiterait 100 milliards d'euros (en dĂ©penses Ă©conomisĂ©es, pardon "rabotĂ©es", et en recettes fiscales supplĂ©mentaires). Une rĂ©duction est en effet Ă  notre portĂ©e. Mais pour respecter le rythme annoncĂ©, il nous faudrait une croissance soutenue. Or on peut ĂȘtre sceptique Ă  cet Ă©gard. En France comme en Europe, la croissance est molle et le chĂŽmage augmente. Redonner du tonus Ă  notre vieux continent dont le niveau de protection sociale est plus Ă©levĂ© qu'ailleurs implique une capacitĂ© d'innovation dĂ©cuplĂ©e, hĂ©las perdue au fil du temps. C'est lĂ  que se jouera principalement notre avenir. Tout le reste est littĂ©rature.

mercredi 23 juin 2010

Fin de la "garden party" de l'Elysée ?



La dĂ©cision de supprimer la "garden party" organisĂ©e par l'ElysĂ©e, Ă  l'occasion du 14 juillet, semble avoir Ă©tĂ© prise. Au moment oĂč la rigueur, sinon l'austĂ©ritĂ©, justifierait une chasse ouverte aux gaspillages de l'argent public, elle ne peut qu'ĂȘtre approuvĂ©e. On aurait dĂ» mettre un terme Ă  ces invitations dĂ©bridĂ©es depuis longtemps. Non que la FĂȘte Nationale ne doive pas ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©e. Bien au contraire. Mais cette cĂ©lĂ©bration doit rester dans des limites dĂ©centes et non se perdre dans une course effrĂ©nĂ©e aux cartons de champagne et autres rĂ©jouissances coĂ»teuses pour l'Etat, donc pour le citoyen.

En tant que parlementaire, j'ai Ă©tĂ© personnellement invitĂ© Ă  plusieurs reprises par F. Mitterrand puis par J. Chirac, Ă  l'ElysĂ©e. Je ne m'y suis jamais rendu, tant ce faste pourtant qualifiĂ© de rĂ©publicain me paraissait hors de propos. Il y a des maniĂšres Ă  la fois plus efficaces et plus Ă©conomes de rappeler le sens du 14 juillet : Ă  l'origine fĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, dans une France encore monarchique, aujourd'hui symbole d'une unitĂ© nationale dont on ne devrait jamais perdre de vue qu'elle est le ciment qui nous unit.

samedi 12 juin 2010

Promis, juré...

Je n'écrirai plus un mot sur la coupe du monde de foot ni sur les performances de l'équipe de France. Au regard de la gigantesque pollution pétroliÚre, au large de la Louisiane, par exemple, toutes ces gesticulations apparaissent dérisoires.

vendredi 4 juin 2010

Le ridicule ne tue plus...



Si l'équipe de france n'avait pas livré ses trois matchs contre le Costa-Rica, la Tunisie et la Chine, on aurait pu au moins entretenir un certain suspense sur sa capacité à franchir le premier tour. Hélas, le doute n'est plus permis maintenant. Sauf chamboulement de la composition de l'équipe, nous allons tout droit à une élimination comparable à celle du mondial de 2002, en Corée. Lenteur du jeu, imprécision des passes, flottement dans la défense, incapacité à se créer des espaces, tout concourt à nous mettre en position d'infériorité, dans quelques jours, face à l'Uruguay et au Mexique. Ajoutez à ces défauts les mauvais choix de Raymond Domenech et nous avons là tous les ingrédients d'un échec programmé. Si l'entraßneur avait un peu d'amour propre, il reverserait tout ou partie de la prime qu'il a indûment perçue, aprÚs la qualification (discutable) de l'équipe de France.

A quoi bon se réjouir d'avoir obtenu l'organisation de l'Euro, en 2016, si c'est pour présenter un football aussi stérile ? Il y a quelque chose de cassé entre le public et son équipe. Merci amer aux imbéciles heureux qui président aux destinées du foot français !

A quoi sert le blocus de Gaza ?



Le gouvernement israĂ©lien est tombĂ© dans le piĂšge mĂ©diatique et diplomatique que lui tendait la flotille parrainĂ©e par la Turquie. En dĂ©cidant d'intervenir hors des eaux territoriales, non seulement il victimisait les commanditaires de cette action politique mais encore il isolait plus encore IsraĂ«l dans le concert des nations. La fermetĂ© des rĂ©actions internationales l'a rapidement montrĂ©. Mais au-delĂ  de cet usage inutile de la force, c'est la question mĂȘme du blocus qui est posĂ©e. A quoi servent les souffrances infligĂ©es Ă  1,5 million de Palestiniens ? A faire progresser les chances d'une paix durable ou Ă  renforcer l'emprise du Hamas qui n'en demandait pas tant ? Si IsraĂ«l et l'Egypte (qui inflige elle-aussi un blocus Ă  la bande de Gaza) espĂ©raient dĂ©tacher la population civile du Hamas, le calcul est dĂ©jouĂ© depuis longtemps. Tous les blocus entrepris rĂ©cemment, contre l'Irak, l'Iran, la CorĂ©e du nord, ont plutĂŽt reserrĂ© les liens entre le peuple et ses dirigeants.

Si l'on veut que la raison l'emporte sur la passion dans cette zone tourmentée du monde, et on en est encore loin, il faut renoncer, de part et d'autre, aux actions dont les populations civiles sont les premiÚres victimes.

jeudi 3 juin 2010

Classement des villes les plus dynamiques : doit beaucoup mieux faire !



L'Express vient de publier le palmarÚs des aires urbaines françaises. La méthode pratiquée par de nombreux magazines est maintenant éprouvée. Il s'agit de recueillir des indicateurs pondérés, regroupés ici en deux grands chapitres : compétitivité économique et qualité de vie offerte aux habitants.

Disons-le tout de suite, le classement de Rouen n'est pas brillant : 30e sur 51 aires urbaines étudiées. Dans sa catégorie, 14e, sur 15 (métropoles de plus de 500 000 habitants). L'article reconnaßt d'ailleurs que Rouen figure, avec Marseille, Toulon et Lille, parmi les villes "plus mal classées que prévu".
Une analyse plus fine rĂ©vĂšle que Rouen a beaucoup d'efforts Ă  entreprendre sur le plan du dynamisme Ă©conomique (42e), du tourisme (20e), de l'offre de soins (24e), de l'Ă©ducation (25e), de la sĂ©curitĂ© (38e), du cadre de vie (48e). L'agglomĂ©ration obtient ses meilleurs rĂ©sultats dans deux domaines seulement, celui de la culture et de la ville durable et solidaire. Modeste satisfaction que le classement plus mauvais encore du Havre (48e) ne saurait entretenir. MĂȘme si l'on peut toujours contester la mĂ©thode retenue, la rĂ©pĂ©tition de ces enquĂȘtes permet de dĂ©gager des tendances. Celle de 2010 est franchement mĂ©diocre. M. Fabius, une action rĂ©solue pour mieux former les jeunes, attirer des cadres, dĂ©velopper l'innovation et l'emploi, lutter contre les exclusions s'impose. Je ne suis pas sĂ»r que le saupoudrage actuel, mĂȘme couronnĂ© par une exposition prestigieuse mais temporaire, suffira Ă  combler notre retard.