Le gouvernement israĂ©lien est tombĂ© dans le piĂšge mĂ©diatique et diplomatique que lui tendait la flotille parrainĂ©e par la Turquie. En dĂ©cidant d'intervenir hors des eaux territoriales, non seulement il victimisait les commanditaires de cette action politique mais encore il isolait plus encore IsraĂ«l dans le concert des nations. La fermetĂ© des rĂ©actions internationales l'a rapidement montrĂ©. Mais au-delĂ  de cet usage inutile de la force, c'est la question mĂȘme du blocus qui est posĂ©e. A quoi servent les souffrances infligĂ©es Ă  1,5 million de Palestiniens ? A faire progresser les chances d'une paix durable ou Ă  renforcer l'emprise du Hamas qui n'en demandait pas tant ? Si IsraĂ«l et l'Egypte (qui inflige elle-aussi un blocus Ă  la bande de Gaza) espĂ©raient dĂ©tacher la population civile du Hamas, le calcul est dĂ©jouĂ© depuis longtemps. Tous les blocus entrepris rĂ©cemment, contre l'Irak, l'Iran, la CorĂ©e du nord, ont plutĂŽt reserrĂ© les liens entre le peuple et ses dirigeants.

Si l'on veut que la raison l'emporte sur la passion dans cette zone tourmentée du monde, et on en est encore loin, il faut renoncer, de part et d'autre, aux actions dont les populations civiles sont les premiÚres victimes.