Comme beaucoup de rouennais, j'observe sous tous les angles l'oeuvre édifiée sur le pont Boieldieu. J'ai d'abord cherché le sens de cet assemblage d'allumettes colorées. Le rapport avec l'impressionnisme ne m'a pas vraiment sauté aux yeux : ni les couleurs ni la structure de l'objet ne dialoguent avec la célÚbre peinture. Renonçant à trouver un lien avec l'exposition du musée des Beaux-Arts, j'ai pensé qu'à défaut de signification évidente, cette structure susciterait une émotion, un frisson, un choc qui vous parcourt l'échine et vous interpelle. Hélas, rien n'est venu. La contemplation de ce mikado qui n'épouse pas toute la longueur du pont m'a laissé de marbre.

J'Ă©tais pourtant insatisfait de ne pas entrer en rapport avec l'idĂ©e du crĂ©ateur. Et puis un matin, au rĂ©veil (c'est souvent Ă  ce moment-lĂ  que les choses obscures s'Ă©clairent), j'ai compris ce que ce sculpteur de bois avait voulu exprimer. DouĂ© d'une Ă©tonnante facultĂ© divinatoire, son oeuvre orange et or est un hommage anticipĂ© Ă  la finale de la coupe du monde opposant l'Espagne et la Hollande. Cet embrasement de couleurs Ă©voquant les maillots des deux Ă©quipes qui vont s'affronter dimanche est un hymne au foot. Et connaissant l'intĂ©rĂȘt que notre maire porte au sport, j'ai poussĂ© un eurĂȘka joyeux. J'avais enfin trouvĂ© le sens cachĂ© de cette oeuvre Ă©phĂ©mĂšre.