mardi 24 août 2010
On n'est pas sorti de l'auberge
Par Pierre Albertini, mardi 24 aoĂ»t 2010 à 16:53 :: General
La rentrée qui se prépare est dominée par plusieurs problÚmes lourds : l'augmentation du chÎmage, en particulier chez les premiÚres victimes que sont les jeunes, la réforme des retraites, la diminution des déficits publics, la sécurité. La réponse sera-t-elle à la hauteur des enjeux ? J'en doute. La popularité du président, véritable inspirateur de la politique, est la plus faible de toutes les courbes enregistrées depuis trente ans. Mais les solutions de l'opposition sont-elles plus crédibles ?
Deux sondages rĂ©cents tĂ©moignent du scepticisme des Français sur la capacitĂ© des gouvernants, actuels et futurs, Ă modifier le cours des choses. Une majoritĂ© de personnes interrogĂ©es souhaite la victoire de la gauche, en 2012. Mais, dans le mĂȘme temps, une proportion identique estime que les mesures proposĂ©es par les socialistes ne seront pas plus efficaces. L'alternance n'est pas (pour le moment au moins) la source d'un espoir de changement positif. C'est bien lĂ la preuve du fossĂ© qui sĂ©pare la classe politique des Ă©lecteurs : nous sommes dans une sociĂ©tĂ© du dĂ©sarroi, de la "dĂ©fiance", selon le titre de l'ouvrage de deux Ă©conomistes (Algan et Cahuc). La premiĂšre condition pour que revienne la confiance est une politique unificatrice, qui rassemble et non qui divise, qui partage les efforts de maniĂšre Ă©quitable, qui donne une perspective collective Ă notre pays. Je n'en vois pas encore les prĂ©mices.