Blog de Pierre Albertini

mardi 28 septembre 2010

Restitution des têtes maori à la Nouvelle-Zélande



L'initiative prise par Rouen de restituer à la Nouvelle-Zélande la tête maori, que détenait le Muséum d'histoire naturelle, avait provoqué un grand débat sur la question des restes humains. En fait, c'est bien d'un conflit de valeurs qu'il s'agissait. D'un côté, les conservateurs (dans tous les sens du terme) invoquaient le principe d'inaliénabilité des collections. De l'autre, les défenseurs de l'éthique l'interdiction de tout droit patrimonial, au nom du respect du corps humain et de la dignité de la personne. Il aura fallu une loi pour que ce conflit soit tranché. Au printemps sans doute, la tête maori du Muséum sera rendue, pour être inhumée, au peuple maori. Paraphrasant le poète Pablo Néruda, on peut écrire aujourd'hui que même l'entêtement a une fin.

Pour remercier tous ceux qui avaient concouru à cette restitution, Catherine Morin-Desailly a organisé au Sénat une manifestation bien sympathique. J'y ai retrouvé, notamment, l'ambassadrice de la Nouvelle-Zélande, heureuse et soulagée. Je lui ai dit combien j'étais fier d'avoir engagé la ville dans cette démarche de respect de la tradition et de la culture des peuples. J'ai encore dans l'oreille et dans le coeur le chant maori, entonné à l'Hôtel de ville, en l'honneur des rouennais.

lundi 20 septembre 2010

Un témoignage émouvant sur les Harkis



France 3 a diffusé, lundi soir, un film émouvant sur le sort tragique des Harkis, abandonnés deux fois par la France. Une première fois, en refusant d'embarquer ceux qui voulaient suivre leurs officiers, entre mars et septembre 1962, une seconde fois, en les parquant dans des camps sordides, pendant plus de quinze ans, compromettant ainsi leur chance de s'intégrer dans la communauté nationale. 50 après, une réconciliation entre la France et l'Algérie ne se fera qu'au prix d'une reconnaissance de ce drame qui, de part et d'autre de la Méditerranée, a déchiré nos familles. Le plus bel hommage que l'on puisse rendre à Camus est d'y travailler, plus que de transférer ses cendres au Panthéon.

vendredi 17 septembre 2010

Le Marité aux JO de Londres en 2012



La presse s'est largement fait l'écho, cet été, de l'avancement des travaux du Marité, réalisés par les chantiers Bernard, à Saint-Vaast-La-Hougue. La coque du navire, qui vient de recevoir son mât central, est maintenant restaurée. Dès qu'il aura reçu sa nouvelle motorisation, il appareillera pour son nouveau port d'attache : Granville. Il se murmure qu'il pourrait ensuite représenter la Normandie aux Jeux Olympiques de Londres, en 2012. Ayant été à l'origine du "sauvetage" de ce dernier témoin de la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, je voudrais dire toute ma reconnaissance aux trois défenseurs inlassables de la restauration du bateau : Gérard d'Aboville, Franck Martin, maire de Louviers, Jean-François Legrand, président du conseil général de la Manche. Bientôt, le Marité, mis à la mer en 1923 à Fécamp, retrouvera son élément naturel. Il rappellera à tous ce qu'a été, pendant plusieurs siècles, l'aventure humaine du "grand métier".

mardi 14 septembre 2010

Des hommes et des dieux



Si vous vous attendez à un plaidoyer ou à une charge politique, n'allez pas voir ce film. La seule clé qu'il contient est celle du destin des hommes. Elle fait découvrir l'humanité de cette communauté priante, cultivant la terre, elle fait partager aussi le doute qui saisit les moines et leur volonté de rester dans l'Atlas algérien, au service des pauvres. Les chants sont purs, les paysages magnifiques, les images simples, lentes et pénétrantes, le jeu des acteurs sans fard ni affectation.

Courez voir ce film de Xavier Beauvois. Il est tout sauf triste.

dimanche 12 septembre 2010

Les confessions de Fidel Castro



Dans une série d'entretiens publiés ces dernières semaines, Fidel Castro se livre à une autocritique à laquelle il ne nous avait guère habitués. Jusqu'ici, Cuba était présenté comme un modèle au monde entier. Or, le lider maximo, âgé de 84 ans, ne cache plus les erreurs qu'il a commises. On sait qu'il a transmis le pouvoir à son frère cadet Raoul, en 2006 : il n'exerce donc plus de responsabilité dans la direction des affaires cubaines mais demeure, curieusement, premier secrétaire du PC. Que dit, entre autres, Fidel Castro. D'abord, que le système cubain ne marche plus. Ensuite que l'appel aux missiles nucléaires soviétiques, pour faire face à une attaque américaine en 1962, n'était guère pertinente. Enfin, qu'il éprouve des regrets d'avoir aussi mal traité les homosexuels, placés comme d'autres opposants, dans des camps de redressement de l'armée.

Pour les intellectuels qui croyaient encore à l'exportation possible de la révolution, c'est le dernier mythe qui s'effondre. Il n'y a qu'eux d'ailleurs - avec Madame Mitterrand- qui vantaient les mérites d'une dictature qui ne voulait pas dire son nom. Au-delà de la désillusion qu'une minorité d'aveugles peut ressentir devant ces aveux tardifs, on peut se demander quel but poursuit Fidel Castro. Il ne porte aucun jugement sur les décisions prises par son frère depuis quatre ans, il s'abstient de toute critique à son égard. Est-ce pour préparer le terrain à une évolution de l'île vers une ouverture politique encore timide et à des mesures économiques qui n'ont plus rien à voir avec le socialisme d'antan ? A suivre...

samedi 11 septembre 2010

Le test de la réforme des retraites

La réforme des retraites est une nécessité. Les syndicats eux-mêmes en conviennent. Pour des raisons financières (déficit actuel et surtout futur), démographiques (allongement de la durée de vie), sociologiques (diminution globale du temps passé au travail). Sans entrer dans une longue analyse, déjà faite depuis Michel Rocard, en 1990, deux faits se dégagent : le rapport cotisants-retraités ne cesse de se dégrader ; l'espérance de vie a gagné plus de 6 ans depuis l'abaissement à 60 ans de l'âge légal de la retraite, sous Mitterrand. Si rien n'est fait, les retraites de demain seront dérisoires et le régime de répartition, fondé sur la solidarité entre les générations, explosera.

Si une réforme est nécessaire, laquelle entreprendre ? On peut en effet jouer sur plusieurs paramètres, la réponse n'est donc pas unique : les mesures d'âge, la durée de cotisation (privilégiées par le projet de loi), la prise en compte de la pénibilité (souvent évoquée mais jamais traitée), l'augmentation des cotisations, la mise en place d'une nouvelle assiette, l'encouragement au travail des seniors et des jeunes, une retraite par points comparable à celle de l'Allemagne...Quoi qu'on pense de la réforme idéale, celle qui nous est présentée est, à mes yeux, partielle et transitoire. Il faudra y revenir. Mais ne rien faire serait plomber les générations futures, déjà pénalisées par notre niveau d'endettement.

Face à ces choix, une chose paraît évidente aujourd'hui. La question des retraites va sceller le sort électoral du président. C'est lui d'ailleurs qui en a fait la réforme emblématique de son quinquennat, de son aptitude à moderniser le pays. Il est maintenant pris à son propre piège. Ou bien, il parvient à réaliser, sans trop de casse, sa réforme : il pourra alors tenter de capitaliser sur ce succès relatif pour apparaître comme le seul candidat crédible à droite. Ou bien, le climat social se dégrade, les grèves se multiplient même si elles n'atteignent pas le niveau record de 1995 : c'en sera alors fini de l'ambition sarkoziste de faire un second mandat. Comme le général de Gaulle le disait, à propos de sa succession, ce sera le "trop plein", la victoire de la gauche, même acquise par dépit, sera incontournable. De ce test, les camps en présence ont parfaitement conscience. Aussi chacun soupèse ses mots, mesure les conséquences de ses prises de position.

Pour autant, est-ce d'un grand secours pour mieux résoudre une question capitale ? La réforme mériterait un vaste débat public mais sa nature de test ne peut que la rendre plus difficile encore !

samedi 4 septembre 2010

Equipe de France de foot : le chemin sera long



Après les péripéties loufoques du mondial, qui ont ridiculisé notre équipe nationale, on attendait, non une résurrection impossible mais un mieux collectif, une envie de gagner, un plaisir de jouer ensemble. Les matchs contre la Norvège puis contre la Biélo-russie, hier, montrent que le chemin sera long. Il faut apprendre un système de jeu simple, fait de passes précises et peu nombreuses, il faut un placement mobile et inventif, non une répétition de gestes stériles au centre du terrain, il faut un distributeur de balles dont nous n'avons pas disposé jusqu'ici, il faut des tireurs décomplexés et opportunistes.

On dit souvent que, pour donner un son à un orchestre, il faut cinq à dix ans de travail. Pour rendre à l'équipe de France la confiance et la sérénité de celle des années 1998, 2000 et 2006, Laurent Blanc devra mettre en oeuvre un patient programme de réapprentissage des fondamentaux du football. Après, peut-être, l'équipe en formation pourra nous enchanter à nouveau. Pour atteindre ce but, le rendez-vous de l'euro (2012) est bien proche !