Blog de Pierre Albertini

lundi 25 octobre 2010

L'avenir du Grand Paris



L'Université populaire de Rouen, avec le soutien de l'Ecole d'Architecture de Normandie et la Maison de l'Architecture, organise le 18 novembre prochain, un débat sur l'avenir du Grand Paris qu'animera l'architecte Roland CASTRO. L'un des premiers à s'intéresser à ce que l'on appelle aujourd'hui la politique de la ville, celui-ci est l'initiateur de "Banlieues 89" et a beaucoup travaillé sur la réhabilitation des grands ensembles.

Depuis que le chantier du Grand Paris a été lancé, Roland Castro est l'une des dix équipes ayant proposé un projet d'aménagement pour la région capitale. Il expliquera aux rouennais quelles sont ses priorités et ne manquera pas de porter un jugement sur les enjeux de la réflexion en cours et sur la méthode adoptée. Une occasion pour notre ville, restée largement à l'écart de ce débat, contrairement au Havre, d'exprimer elle-aussi ce qu'elle attend de son immense voisin. Faute de quoi, le train risque de nous passer sous le nez, une fois de plus. L'absence de langue de bois de Roland Castro promet un échange vif et nourri
le jeudi 18 novembre, Ă  18 heures
Faculté de droit, avenue Pasteur

vendredi 15 octobre 2010

Vous avez dit épanoui....



Dans un article publiĂ© le 10 octobre, Le Monde titre, sous la plume d'Olivier Schmitt : "le "prĂ©sident" Laurent Fabius Ă©panoui en son fief normand". A la lecture de ce titre flatteur, j'ai Ă©tĂ© le premier Ă  me rĂ©jouir. AprĂšs tout, qu'un Ă©lu (et mĂȘme, un grand Ă©lu) Ă©prouve du plaisir Ă  exercer ses responsabilitĂ©s est plutĂŽt encourageant. Il en est des Ă©lus comme des autres hommes, chacun gagne Ă  faire les choses sĂ©rieusement sans se prendre au sĂ©rieux. Il y a hĂ©las bien d'autres Ă©lus, au contraire, (suivez mon regard) qui se crispent sur l'exercice de leurs prĂ©rogatives et se murent dans leurs certitudes : on leur conseillerait volontiers d'imiter notre ancien Premier ministre, aujourd'hui heureux comme un Pape, tranquille comme Baptiste, promenant sa dĂ©contraction un brin nonchalante au musĂ©e des Beaux-Arts de notre ville.

Au-delĂ  du titre flatteur de cet article, il y a juste, dans la bouche de M. Fabius une petite phrase qui a gĂątĂ© un peu mon propre plaisir. Je vous la livre in extenso (moi aussi, j'ai des lettres) :"j'ai choisi de m'investir localement, parce que çà m'amuse, et nationalement, parce que çà m'intĂ©resse". . Qu'a voulu exprimer ainsi M. Fabius ? En d'autre temps, Jacques Delors avait choisi comme titre d'un livre d'entretiens : "UnitĂ© d'un homme". J'avais trouvĂ©, Ă  l'Ă©poque qu'il y avait quelque prĂ©tention Ă  souligner son "unitĂ©" alors que nous sommes tous appelĂ©s Ă  gĂ©rer nos propres contradictions. Mais cette dualitĂ© entre le local et le national me dĂ©concerte plus encore. Je ne veux pas croire que seules les affaires d'Etat prĂ©sentent un intĂ©rĂȘt. Sinon, pourquoi cumuler mandat national et mandats locaux si ces derniers ne procurent que de l'amusement. Si quelqu'un veut bien m'aider Ă  comprendre, je suis preneur de toute explication.

jeudi 14 octobre 2010

Les lycéens et la retraite



Les médias, par un réflexe bien huilé d'imitation et de conformisme, nous abreuvent ces derniers jours de la "mobilisation lycéenne" qui donnerait une nouvelle perspective aux protestations contre la réforme des retraites. Personne ne peut dénier aux jeunes d'aujourd'hui le droit de s'intéresser à leurs futures retraites. Mais s'agit-il vraiment de leurs préoccupations prioritaires ? J'en doute.

L'horizon de leur retraite est tellement éloigné (disons pour simplifier 2050) qu'aucune prévision économique n'est possible à cette échéance : que sera la situation de l'emploi? quelle proportion d'actifs et de chÎmeurs la France connaßtra-t-elle dans quelques dizaines d'années ? En revanche, des projections démographiques sont parfaitement possibles, à partir des tendances constatées. Ainsi, au rythme actuel (gain d'un trimestre chaque année) l'espérance de vie, en 2050, dépassera largement 90 ans. Sachant que les retraites sont payées par les actifs, qui peut raisonnablement soutenir que la borne légale sera, à l'époque, à 62 ou à 65 ans ?

Les lycéens et les étudiants d'aujourd'hui seraient, à mon sens, mieux inspirés de se mobiliser en faveur de l'amélioration de leur formation, de leur orientation et de leur insertion professionnelle. Ce combat est pour eux plus stratégique. Avant d'évoquer leurs futures retraites, procurons leur d'abord les conditions de la réussite !

mercredi 6 octobre 2010

A méditer



"Ce qui définit le philosophe, c'est toujours l'idée que l'on peut comprendre l'autre, que l'on peut comprendre l'adversaire. La philosophie ne serait pas ce qu'elle est s'il n'y avait pas chez les philosophes cette intention, non pas seulement de se poser, mais de comprendre ce qui n'est pas eux et de comprendre au besoin ce qui les contredit".
Maurice MERLEAU-PONTY.
A méditer par tous ceux qui cherchent une vérité dont ils ne détiendront, au mieux, qu'une parcelle.

vendredi 1 octobre 2010

Exit la ligne Rouen-Strasbourg



Souvenez-vous ! Il y a peu, les deux prĂ©sidents de rĂ©gion s'Ă©taient congratulĂ©s, en annonçant la crĂ©ation d'une ligne TGV vers Strasbourg (pour la Haute) et vers Dijon (pour la Basse). L'expĂ©rience, improvisĂ©e et acceptĂ©e du bout des lĂšvres par la SNCF, va bientĂŽt s'arrĂȘter. Le 11 dĂ©cembre, trĂšs exactement. Ainsi, s'Ă©loigne pour nous qui subissons dĂ©jĂ  une ligne vers Paris de trĂšs mĂ©diocre qualitĂ© la perspective d'une desserte ferroviaire amĂ©liorĂ©e. S'efface aussi le mythe d'une liaison rapide vers l'aĂ©roport de Roissy et d'une connexion avec le rĂ©seau des TGV. Beaucoup de bruit pour rien.

La ligne vers Strasbourg ne comportait que 70 passagers en moyenne, son déficit était chronique (15 M d'euros) et les régions ont préféré mettre les pouces. Décision sage. J'ai tenté à plusieurs reprises de prendre ce TGV pour me rendre à Roissy. Peine perdue ! La lenteur du train, le rebroussement imposé, l'obligation d'arriver deux heures avant le décollage rendaient impossible de prendre tout avion avant 12h30. Quant à faire l'aller et retour Rouen-Strasbourg, cela était quasiment impossible, on passait trois fois plus de temps dans le train que dans la capitale alsacienne. Moralité : effet d'annonce ne vaut. La capacité de la SNCF de saborder une ligne en lui imposant des contraintes techniques insupportables est sans limite. Notre région reste bien la grande oubliée des priorités ferroviaires nationales. Peut-on croire vraiment que nous aurons, en 2020 ou 2025, une ligne à grande vitesse (trÚs coûteuse) Le Havre-Rouen-Paris ? Qui aura l'argent pour la financer ? Il serait temps qu'on étudie un projet plus modeste mais finançable.