Blog de Pierre Albertini

lundi 28 mars 2011

Second tour des cantonales, confirmation du premier



Ceux qui espéraient un regain de participation dimanche dernier en sont pour leurs frais. Lorsque la désaffection est profonde, le second tour ne fait que confirmer le premier. Il n'y a pas de raz-de-marée désignant un grand vainqueur. Contrairement aux apparences trompeuses, ce n'est pas le PS qui se maintient à son étiage habituel dans les élections intermédiaires depuis 2004. Le FN progresse mais ne parvient pas à décrocher plus de deux sièges dans un scrutin local qui ne lui est pas favorable : mais gare aux élections nationales à venir!

Mais il y a clairement un vaincu : le président de la République (plus encore que l'UMP) dont la stratégie patine. Pour s'en convaincre, il suffit de constater que si les Français approuvent, dans l'ensemble, l'intervention aérienne en Libye, ils n'en créditent nullement, par leurs voix, le chef de l'Etat. Depuis un an, le pouvoir élyséen tourne à vide. Si j'étais député UMP aujourd'hui, ce qu'à Dieu ne plaise, je me ferais des cheveux pour 2012.

On a déjà vu des candidats remonter le courant (Chirac en 1995 et en 2002, par exemple). Mais ils ne suscitaient pas les sentiments violemment hostiles qu'inspire, aujourd'hui, chez bon nombre de nos concitoyens, Nicolas Sarkozy. Il ne lui reste pas beaucoup de cartes pour espérer convaincre que "demain est un autre jour".

samedi 26 mars 2011

Présentation de mon livre



A ceux qui, comme moi, s'interrogent sur la capacité de notre pays à susciter, aujourd'hui, une action politique d'envergure, je signale que je présenterai mon dernier livre :

La France est-elle gouvernable ?

le samedi 2 avril, à 15 h 30, à la librairie l'Armitière (rue des Basnage - Rouen).

lundi 21 mars 2011

Le premier tour des cantonales : quoi de nouveau sous le soleil du printemps ?



Comme moi, vous avez remarqué combien il est tentant de masquer une défaite par un discours convenu sur le niveau de l'abstention, la confiscation de l'enjeu local, le vote protestataire, l'absence de solutions proposées par les extrêmes, le FN en particulier. On a déjà entendu cela cent fois. La réalité est plus cruelle. Le socle d'adhésion aux partis et à leurs dirigeants ne cesse de d'effriter, personne ne bénéficie plus d'un vote significatif d'adhésion (30 à 40 % des suffrages exprimés) sur lequel on pourrait construire un projet politique fort. Beaucoup de nos concitoyens doutent de la capacité du pouvoir politique, quel qu'il soit, à "changer la vie". Dans ces conditions, la France n'est guère "gouvernable" comme j'ai tenté de le montrer dans mon dernier livre.

Peut-on espérer un changement de situation pour 2012 ? Je crains que non. Pour son propre camp, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui un handicap. De son côté, le PS est pris au piège d'une primaire tardive, peu propice à l'édification d'un véritable projet novateur et à l'émergence d'un candidat consensuel. L'alternative ne viendra pas des Verts, englués dans la candidature d'Eva Joly. Quant au centre, il continue de se diviser et de se subdiviser. Je n'ose parler des deux autres "Fronts" ! J'espère que ce jugement pessimiste sera démenti par les faits. Mais comme Saint-Thomas, j'y croirai quand je l'aurai vu de mes yeux, vu.

mercredi 16 mars 2011

Pas de taxi pour Tobrouk



Alors que le monde est suspendu aux risques de catastrophe nucléaire, au Japon, les médias et l'opinion s'intéressent évidemment moins à l'évolution du rapport des forces en Libye. Or la disproportion des armements en présence réduit de jour en jour la résistance à la dictature de Kadhafi. Pendant que se joue ce drame, les ministres du G8 ne parviennent pas à se mettre d'accord pour une intervention minimale, permettant de corriger un tant soit peu ce déséquilibre. Les pays limitrophes, l'Egypte et la Tunisie, n'esquissent pas l'ombre d'un mouvement pour aider militairement un "peuple frère".

Il n'y aura donc pas de taxi pour Tobrouk. Mais on n'en finira pas de mesurer les conséquences funestes de cette impuissance à encourager le monde musulman à se libérer de l'oppression.

samedi 12 mars 2011

La puissance chinoise



Olivier GUILLARD, chercheur à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques, est l'invité de l'Université Populaire de Rouen. Il animera une conférence-débat :
jeudi 17 mars, à 18 heures, à la Maison des associations (11, avenue Pasteur), sur le thème :
"LA PUISSANCE CHINOISE".
entrée libre

lundi 7 mars 2011

La guerre des sondages commence



Comme pour chaque élection présidentielle, un flot continu de sondages va submerger la France (nous détenons d'ailleurs le record mondial des sondages préélectoraux). Celui qui vient d'être publié par Le Parisien a alimenté la chronique et continuera sans doute de le faire. Pour la première fois, il donne la candidate du Front National en tête des intentions de vote...14 mois avant la présidentielle d'avril-mai 2012. Jusqu'ici, les instituts de sondage éprouvaient un peu de mal à mesurer les préférences électorales en faveur de l'extrême droite, qu'ils sous-estimaient souvent. On se rappelle la surprise ressentie le 21 avril 2002. Or, cette fois, bien avant l'échéance, la pôle position est attribuée à Marine Le Pen. Je ne mets pas en doute le sérieux de la méthode suivie par l'institut concerné, je sais aussi qu'un tel sondage n'a pas de caractère prédictif, surtout si loin de l'élection réelle. J'observe seulement que les intentions de vote n'ont été recueillies qu'à travers internet auquel 2/3 des foyers français sont raccordés aujourd'hui. Peut-être, convient-il d'envisager avec prudence le résultat présenté ?

Quoi qu'il en soit, même si une marge d'incertitude subsiste, il serait vain de nier la montée du FN. Pourquoi se cacher derrière son petit doigt ? Le refus de nommer certains problèmes et surtout l'incapacité à leur trouver des solutions expliquent cette poussée de l'extrême droite, en France comme dans toute l'Europe comme l'ont montré des scrutins récents chez nos voisins. En ce sens, la responsabilité ne peut être que partagée. Il n'y a que les dirigeants socialistes pour croire que cet échec n'est imputable qu'au président de la République. Si l'analyse était juste, la gauche en profiterait. Or, ce n'est pas le cas, les électeurs ne lui font pas plus confiance qu'à l'UMP. De deux choses l'une : ou bien, les partis et les candidats sauront évoquer les inquiétudes de nos concitoyens et leur proposer des perspectives et le vote extrémiste diminuera, ou bien, ils continueront de mouliner leur discours dans le vide et un nouveau 21 avril se reproduira. Le pire n'est jamais sûr !

En revanche, on ne m'empêchera pas de penser que ce sondage vient, pour certains, à point nommé. A qui ses résultats peuvent-ils servir ? A l'évidence, au président sortant qui ne manquera pas de pointer les "dangers", pour lui, de candidatures multiples, au centre droit et à droite. Suivez mon regard : cela ne concerne pas Hervé Morin qui culmine à 1 % mais plutôt Dominique de Villepin crédité de 7 % ou l'hypothétique Jean-Louis Borloo qui multiplie ces temps derniers les allusions aux bienfaits de l'"humanisme radical". Ce sondage ne fait pas vraiment les affaires de Martine Aubry mais donne du grain à moudre à Dominique Strauss-Kahn qu'on croit plus capable, aujourd'hui, de distancer Sarkozy au 1er tour. Enfin, Eva Joly, déjà largement plombée par sa propre campagne se sort pas, non plus, renforcée de cette première esquisse : c'est Nicolas Hulot qui va sentir les ailes de son ULM pousser plus encore. Curieusement, François Bayrou, crédité de 8%, pourrait aussi se voir conforté dans sa démarche de "ni gauche ni droite".

Bref, dans tout cela, il n'y a rien d'innocent. Comme Maigret, il faut toujours se demander à qui profite le crime.