Blog de Pierre Albertini

mardi 19 avril 2011

Garde Ă  vue : les nouvelles rĂšgles s'appliquent



Depuis le 15 avril, et l'arrĂȘt de la Cour de cassation, les dispositions nouvelles de la garde Ă  vue, prĂ©vues par la loi promulguĂ©e le mĂȘme jour, sont en application : prĂ©sence de l'avocat pendant l'interrogatoire, accĂšs au dossier et droit de garder le silence. C'est Ă©videmment un progrĂšs incontestable dans la protection des droits de la dĂ©fense, malmenĂ©s par une procĂ©dure d'un autre temps. Est-ce un frein Ă  l'efficacitĂ© de l'investigation et au taux d'Ă©lucidation des affaires ? Je ne le crois nullement.

Il suffit, pour s'en convaincre, de nous comparer aux autres pays europĂ©ens. Sont-ils entravĂ©s, dans la recherche des coupables, par ces rĂšgles, dĂ©jĂ  largement mises en oeuvre autour de nous ? En France mĂȘme, on a eu recours abusivement Ă  la garde Ă  vue : 320 000 gardes Ă  vue enregistrĂ©es en 1993, prĂšs de 800 000 en 2009 ! Le taux d'Ă©lucidation a-t-il progressĂ© au mĂȘme rythme pendant cette pĂ©riode ? Il faudra bien-sĂ»r que les policiers et les avocats s'adaptent Ă  ces exigences. Mais il n'y a aucune raison d'en dresser, par avance, un tableau nĂ©gatif. La protection des droits de la dĂ©fense n'est pas l'ennemie de l'identification des dĂ©linquants.

lundi 11 avril 2011

Marcel GAUCHET, Ă  Rouen, le 14 avril



L'Université populaire vous convie à assister à la conférence -débat que donnera Marcel GAUCHET :

"CONDITIONS DE L'EDUCATION"

le jeudi 14 avril - Ă  18 heures-
à la faculté de droit (avenue Pasteur)
amphi 300

Marcel GAUCHET, philosophe, est directeur d'études à l'EHESS et rédacteur en chef du Débat

samedi 9 avril 2011

Pina



Si vous aimez la danse de Pina Bausch, allez voir le film que Wim Wenders lui a consacré, aprÚs sa mort. Le travail sur l'image (en 3 D) et les décors, la correspondance avec la musique, la parole donnée aux danseurs ont font un hommage tout à fait convaincant.

jeudi 7 avril 2011

Programme des partis politiques : aujourd'hui, le PS



Comme beaucoup de Français (ceux que l'on appelle des "indĂ©cis" et qui sont aussi des gens qui rĂ©flĂ©chissent), je me demande encore pour qui je vais voter en 2012. Au-delĂ  de l'Ă©quation personnelle, qu'on ne peut rĂ©soudre aujourd'hui, ne sachant pas encore qui va ĂȘtre candidat et qui va ĂȘtre investi, la meilleure façon de se faire une religion, si j'ose dire, est de lire les programmes. Pour me faire une idĂ©e moi-mĂȘme, j'ai donc lu celui du PS. Voici ce que j'en ai retirĂ©.

Points positifs : l'accent mis sur l'Ă©ducation, l'indĂ©pendance de la justice, la fusion de l'impĂŽt sur le revenu et de la CSG, une fiscalitĂ© privilĂ©giant l'investissement et l'innovation au dĂ©triment de la rĂ©munĂ©ration du capital. Il y a, d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, une volontĂ© courageuse de rĂ©habiliter l'Etat (garant de la cohĂ©sion sociale) et mĂȘme l'impĂŽt (moyen d'assurer une correction des inĂ©galitĂ©s).

J'ai moins apprĂ©ciĂ©, en revanche, l'accumulation dĂ©magogique de 20 propositions dont les socialistes eux-mĂȘmes savent bien qu'il faudra trancher entre elles, le retour aux solutions Ă©culĂ©es (300 000 emplois jeunes, rebaptisĂ©s "emplois d'avenir") et cette propension Ă  installer les Français dans une forme d'assistanat (l'allocation d'Ă©tudes pour tous les jeunes, un droit universel Ă  la compensation de la perte d'indĂ©pendance). Enfin, je dĂ©plore l'absence de vision internationale (Europe, rĂŽle de la France dans le monde). On n'est pourtant pas tout seul sur cette planĂšte !
A suivre...

vendredi 1 avril 2011

Laïcité : quel débat ?



La Conférence des responsables de culte, créée en novembre, regroupe les représentants de six religions dans notre pays : bouddhisme, Eglises chrétiennes (catholique, protestante, orthodoxe), islam, judaïsme. Dans une tribune, elle vient de prendre ses distances avec la convention sur "la laïcité, la place des religions et notamment de l'islam", organisée le 5 avril par l'UMP. Avec raison, me semble-t-il. La question de la laïcité n'est pas une question ordinaire, elle constitue l'un des fondements de la République. On peut bien-sûr en débattre mais dans des conditions de préparation et de calendrier qui garantissent l'expression sereine des points de vue, de tous les points de vue. Ce n'est pas le cas, à un an des élections présidentielles et sans association préalable des principaux acteurs concernés. Le propre d'un débat fructueux est de permettre l'échange, dans le calme et non dans la précipitation, de déboucher sur des convergences qui ne s'improvisent pas à la tribune mais se construisent patiemment. Ce n'est pas d'ajouter de la confusion ou de stigmatiser qui que ce soit. Dans le contexte actuel, ce risque existe.

Personnellement, je ne crois pas qu'il faille modifier la loi de 1905. Mais son application peut certainement ĂȘtre amĂ©liorĂ©e, de part et d'autre. Parlons-en, tranquillement ! Je rappelle qu'en 2006 une commission, prĂ©sidĂ©e par le professeur Jean-Pierre Machelon, avait rendu un rapport trĂšs complet sur le sujet. Il pourrait servir de cadre Ă  une discussion dĂ©passionnĂ©e.