Blog de Pierre Albertini

mardi 31 mai 2011

"Les enjeux du Grand-Paris"



Roland Castro, l'architecte initiateur de Banlieue 89 et l'un des dix à travailler sur le Grand-Paris, viendra présenter les grandes lignes de sa vision le :

jeudi 9 juin, à 18 heures, à l'Ecole d'Architecture de Normandie (route de Darnétal).

Une occasion, pour tous ceux que ce débat intéresse, de venir dialoguer avec l'un des acteurs de ce projet ambitieux qui peut être une chance (si on sait la saisir) pour notre ville et pour notre région.

samedi 28 mai 2011

Le témoignage poignant d'un harki



Je viens de lire le récit émouvant de Brahim Sadouni, un harki bien connu des rouennais. Sous le titre : "Une blessure profonde", il nous livre les grandes étapes de son itinéraire, de son adolescence à sa vie d'homme, au demeurant bien remplie. Avec des mots simples et sincères, il explique les circonstances de son engagement sous le drapeau français et les épreuves subies après l'indépendance. Grève de la faim, manifestation, marche symbolique jusqu'à Monte Cassino, Brahim Sadouni s'est battu sans cesse pour alerter l'opinion sur une double injustice : l'abandon par la France et la discrimination dont les harkis continuent de faire l'objet par leur pays d'origine. Il faut savoir que, comme beaucoup de ses compagnons, il est toujours empêché de revoir sa famille, cinquante ans après.

"Une blessure profonde", téléchargeable sur éditions en ligne Frédéric Serre pour 2 euros.

lundi 23 mai 2011

Débat sur la gouvernance de la France et de l'Europe




Le Centre diocésain et le Mouvement européen organisent une conférence-débat sur le thème de la gouvernance de la France et de l'Europe, autour de Pierre ALBERTINI (auteur de "La France est-elle gouvernable ?", 2011) et Pierre BOURGUIGNON (député et maire de Sotteville-lès-Rouen) le :

jeudi 26 mai, à 20 heures,
à l'Espace du Moineau
41, route de Neufchatel- ROUEN

vendredi 20 mai 2011

Vie privée - vie publique



Je n'ai pas l'intention de parler de l'affaire DSK et d'ajouter ma petite voix au concert des amis, faux-amis et autres commentateurs "autorisés" comme disait Coluche. Le temps de la justice est maintenant venu, il faut attendre son verdict. Mais cet événement tragique, à tous les points de vue, peut inspirer une réflexion collective sur les règles qui doivent présider à la séparation de la vie publique et de la vie privée dans notre démocratie.

En France, la loi protège la vie privée mais elle n'en donne pas de définition. Aussi, c'est au juge d'en fixer les contours. Les juristes considèrent que chacun a droit à une sphère d'intimité dans laquelle nul ne peut pénétrer. Mais les frontières de cet espace secret ne s'apprécient pas uniformément, elles varient selon le contexte,la qualité et le niveau de responsabilité des personnes concernés. Ainsi, en raison de son engagement public, un élu s'expose à une observation plus sourcilleuse de sa vie privée. A fortiori, lorsqu'il met lui-même en scène sa propre famille ou son train de vie. Ceux qui s'exhibent ne peuvent que s'attendre à un retour de bâton médiatique plus sévère. S'inspirer des Etats-Unis, comme s'ils étaient un modèle, nous en fait subir les avantages (s'il y en a) et les contraintes (il y en a). Pour autant, l'investigation des médias ne peut être sans limites. La transparence totale, qui ruinerait toute intimité, n'est ni possible ni souhaitable.

De mon expérience personnelle, je tire un principe : le droit à la protection de la vie privée des responsables politiques ne peut supporter que des exceptions strictement définies. C'est le cas, par exemple, lorsque certains faits et gestes, certaines fréquentations, certaines dépenses mêmes peuvent révéler un risque de collusion, de trafic d'influence, de conflit d'intérêts comme on dit aujourd'hui. C'est aussi le cas lorsque des comportements privés sont en contradiction manifeste avec le discours tenu, les valeurs prônées, les exhortations publiques pratiquées. L'investigation est alors légitime car elle a pour but de démasquer l'hypocrisie du dissimulateur. Dans l'une et l'autre de ces situations, la liberté d'information l'emporte sur la protection de la vie privée. Mais, si nous croyons à une société du respect, veillons à ce que le droit à l'intimité reste la règle.

mercredi 18 mai 2011

"La démocratie internet. Promesses et limites"



Espace de liberté ouvert à tous, sans contrôle ni censure, scène sur laquelle la société se donne en représentation, internet est "plus une chance qu'un danger, une aubaine qu'un péril". Ce jugement de Dominique CARDON mérite débat et discussion. C'est cette occasion d'exprimer votre point de vue que vous donne l'université populaire, en partenariat avec la librairie L'Armitière.

"La démocratie internet. Promesses et limites"
conférence animée par Dominique Cardon
jeudi 19 mai, à 18 heures
Librairie L'Armitière (rue des Basnage - Rouen)

dimanche 15 mai 2011

La renaissance du Marité



Samedi, des milliers de spectateurs ont salué l'entrée du Marité à Granville, son nouveau port d'attache. Des dizaines de bateaux et d'embarcations de toutes tailles ont accompagné son arrivée, pas encore sous voiles car le haut des mâts n'était pas fixé. La restauration complète -dont le financement est assuré- sera achevée en 2012 mais l'essentiel est déjà accompli. La sixième vie du Marité, dernier témoin de la grande pêche à la morue, à Terre-Neuve, va commencer. L'an prochain, il sera, par exemple, à Brest puis aux Jeux Olympiques de Londres pour représenter la Normandie.
J'ai évidemment eu un petit pincement au coeur au moment où le président du conseil général de la Manche a remis le pavillon de Granville au Marité, pourtant mis à l'eau à Fécamp. Mais la satisfaction de voir ce magnifique trois mâts barque restauré l'emportait et de loin. On pourra ainsi mieux expliquer aux jeunes ce qu'a été, pendant plusieurs siècles, le dur "grand métier" des marins pêcheurs, de Boulogne à Bayonne.
J'ai bien compris les critiques qui ont accueilli, en 2004, l'idée d'engager la ville de Rouen (avec d'autres collectivités) dans la restauration du Marité. Certains ont pu légitimement penser que ce n'était pas dans notre vocation. Mais, à partir du moment où le projet avait pris corps, je ne comprendrai jamais la décision du nouveau maire de sortir du GIP, dont la ville et le département de la Manche se partageaient la direction. Les conséquences ne sont que négatives. Rouen n'est plus port d'attache, les rouennais ne verront pas, avant longtemps, le navire dont ils ont cofinancé la restauration. Mais la ville continue de rembourser les emprunts qui avaient été contractés avant 2008. On paie encore mais sans avoir aucun des bénéfices espérés. Funeste décision, s'il en est.

lundi 9 mai 2011

Religions et démocratie



Au moment où le printemps arabe crée, dans de nombreux pays, de nouvelles conditions politiques, inimaginables il y a peu, l'université populaire de Rouen vous invite à participer à une conférence-débat, animée par Jacques ROLLET, politologue, sur :
"RELIGIONS ET DEMOCRATIE"
Jeudi 12 mai à 18 h
Maison des Associations (11, avenue Pasteur)

mardi 3 mai 2011

Les sociétés et leur école



L'Université populaire de Rouen et la librairie L'Armitière vous invitent à la présentation par François DUBET, sociologue, de son livre :

"Les sociétés et leur école"

jeudi 5 mai, à 19 heures
Librairie l'Armitière

Tapages médiatiques



Dans ce monde où une information chasse l'autre, une émotion éclipse l'autre, le "concert" des médias n'est pas un vain mot. Tous sont animés par la recherche de l'audimat, c'est-à-dire des meilleures parts de marché. Dans cette course, ils se précipitent, dans un mouvement unanime, vers les sujets les plus exploitables, au détriment de ceux qui le sont moins. D'où ce conformisme qui fait se ressembler de plus en plus les chaines de télé, les journaux ou les magazines de la grande presse. Ces derniers jours, dans le genre, nous avons été gâtés.

Il y a eu d'abord le matraquage des préparatifs du mariage princier, avec les deux milliards de téléspectateurs attendus. Le jour de l'événement, la couverture a été générale, chacun y allant de son commentaire sur le protocole, la robe de la mariée, la famille royale. Peut-être, cette cérémonie a-t-elle du sens pour les Anglais, à défaut d'en avoir pour les Gallois, les Ecossais et...pour tous les autres. J'avoue que je ne suis pas sensible à ce faste, au demeurant introduit récemment chez nos voisins. La tradition est bonne fille. Je n'ai donc pas vibré aux baisers furtifs de Kate et de William et je n'en ressens aucun manque.

Depuis hier, la mort de Ben Laden a remplacé le mariage princier. Faute d'images sur l'expédition punitive, les télés ont passé leur temps à débiter les mêmes commentaires, à diffuser le témoignage de badauds plus ou moins représentatifs de l'opinion de leur pays, à recueillir l'analyse d'experts condamnés à bredouiller des hypothèses. Tout cela est assommant. Trop, c'est trop ! A qui fera-t-on croire que la mort du leader d'Al-Qaida fera disparaître les menaces de la constellation terroriste ?

Mise en scène pour détourner des vrais problèmes ? On doit s'interroger sur les effets de ce matraquage séquentiel. A l'inverse, l'hommage rendu à Jean-Paul II méritait sans doute d'être éclairé par un vrai débat contradictoire. Au-delà de la béatification (qui n'a de sens que pour les croyants), l'itinéraire de l'homme, ses appels à la jeunesse, son rôle dans l'effondrement de l'empire soviétique comme ses prises de position très controversées sur les questions de société justifiaient une série de regards croisés. Car tout cela a plus de portée que le "oui" majestueux de Westminster. Mais cela supposait une discussion, une confrontation de points de vue ni spectaculaire comme l'action d'un commando ni fleur bleue comme l'amour que se portent les jeunes mariés de Londres. On n'est pas loin d'un conditionnement auquel chaque citoyen doit opposer sa liberté de jugement.