mardi 23 août 2011
Voter ou non la "rĂšgle d'or" : that's the question
Par Pierre Albertini, mardi 23 aoĂ»t 2011 à 11:46 :: General
On parle beaucoup de la "rÚgle d'or", ces derniers jours, surtout depuis que Sarkozy et Merkel ont souhaité son adoption par tous les pays de la zone euro. Ce mécanisme complexe a-t-il quelque chance de rassurer une opinion publique inquiÚte et de calmer des marchés à la fois critiques et spéculatifs ?
A la lecture du texte votĂ© par l'AssemblĂ©e nationale et le SĂ©nat, j'en doute fort. Au lieu d'un principe simple : atteindre l'Ă©quilibre budgĂ©taire, au moins pour le budget de fonctionnement, on a prĂ©fĂ©rĂ© une formulation alambiquĂ©e dont la portĂ©e dĂ©pendra largement d'une loi organique Ă venir et de l'interprĂ©tation qu'en donnera le Conseil constitutionnel. Si le texte est adoptĂ© par le CongrĂšs (une majoritĂ© des 3/5 est indispensable et pour le moment hors de portĂ©e), l'adoption du budget annuel et des lois de financement de la sĂ©curitĂ© sociale devra ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©e par le vote d'une loi-cadre fixant, pour les trois annĂ©es Ă venir, les conditions pour atteindre l'Ă©quilibre des comptes des administrations publiques. Mais deux facteurs d'incertitude empĂȘchent aujourd'hui de cerner les contours de cette obligation nouvelle :
-quelles dispositions de cette loi-cadre, susceptible d'ĂȘtre modifiĂ©e ultĂ©rieurement, s'imposeront au lĂ©gislateur ? C'est la la future loi organique (dont le contenu est encore inconnu) qui le prĂ©cisera.
-le Conseil constitutionnel, obligatoirement saisi désormais de toute loi de finances et de financement de la S.S., fera-t-il une lecture stricte ou souple de toutes ces dispositions ? Jusqu'ici, il avait tendance à considérer que le Parlement ne pouvait se lier les mains pour l'avenir.
Comme on le voit, la "rĂšgle d'or" ne garantira pas l'Ă©quilibre budgĂ©taire. Mais son principal intĂ©rĂȘt aujourd'hui est d'ordre politique : quel sera le vote de l'opposition lors du CongrĂšs si celui-ci est convoquĂ© ? Le PrĂ©sident espĂšre tirer avantage d'un vote positif (le rassemblement derriĂšre lui) comme d'un vote nĂ©gatif (l'attitude politicienne des socialistes). La rĂ©alitĂ© est sans doute plus nuancĂ©e : tout dĂ©pendra de la perception par les Ă©lecteurs, Ă la fois du mĂ©canisme imaginĂ© et de la sincĂ©ritĂ© des protagonistes.