Blog de Pierre Albertini

dimanche 31 janvier 2010

L'unité de la Normandie en question



La campagne régionale n'a pas vraiment commencé. On peut craindre qu'elle ne soit détournée, voire confisquée par des enjeux nationaux. Pourtant, en Normandie, c'est l'occasion unique (et sans doute dernière) de trancher la question : une ou deux Normandie ? Les élus sont divisés, l'opinion attend un véritable débat qui ne vient pas. On sent comme une résignation s'emparer des esprits. L'unification de la Normandie ne serait-elle pas comme le monstre du loch Ness ? on en parle, on en parle mais personne ne le voit jamais.

Pour ma part, je crois que, dans l'état de doute où se trouve aujourd'hui l'opinion, tiraillée entre l'attraction parisienne (le Grand Paris) et la création d'une métropole normande, un déclic est véritablement nécessaire. Le choix de l'unification serait alors un formidable accélérateur de projet. Car un territoire sans projet ne peut enclencher une véritable dynamique. Dans cette perspective, je salue l'ouverture du site Normandie2010.org qui se veut un espace de débat donnant la parole à tous ceux qui veulent bien la prendre.

L'université populaire de Rouen prend aussi sa part : elle invite le géographe Michel BUSSI, le 25 février, à donner son point de vue, en toute liberté. Ce sera stimulant. Plus que jamais, la démocratie locale a besoin d'une confrontation pacifique des idées.

Quelle régulation financière pour l'Europe ?

On sait que l'intervention massive des Etats a permis de remettre à flot le système bancaire, ébranlé par des pratiques hasardeuses et des spéculations sans rapport avec l'économie réelle. Cette crise n'est pas derrière nous, comment en prévenir un éventuel retour ? Le président Obama vient de faire une série de propositions, les Européens se cherchent encore. L'Université populaire vous propose une conférence-débat sur ce thème : QUELLE REGULATION FINANCIERE POUR L'EUROPE ?
animé par Jean-Paul GAUZES, rapporteur pour le Parlement européen,
le jeudi 4 février, à 18 h 30, à la Maison des Associations (11, avenue Pasteur).

mercredi 20 janvier 2010

Violence des jeunes :



La violence chez les jeunes est en augmentation, au moins depuis une dizaine d'années. L'actualité en fournit de nombreux exemples, dans les collèges et les lycées, sur la voie publique, dans les moyens de transport ou au coeur des cités. Au gré des humeurs, on la constate, la déplore ou la stigmatise, on peut aussi s'en servir, à quelques mois d'une échéance électorale, pour mobiliser son camp ou discréditer ses adversaires. Cela prêterait à sourire si le phénomène ne traduisait pas, en réalité, une forme d'impuissance à juguler une explosion de violence, une sorte de renoncement qui approfondit le fossé entre la société et sa jeunesse. Il ne suffit pas de brandir des menaces pour obtenir des résultats, le bon sens populaire l'a compris depuis longtemps

Entendons-nous bien ! Les enfants d'aujourd'hui ne sont ni plus ni moins violents que ceux des générations précédentes. Pourtant, très tôt, on entend les instituteurs se plaindre du comportement d'une partie d'entre eux : difficulté à se concentrer, agitation, impertinence précoce. Plus tard, ce sont les haussements d'épaules, les gestes provocateurs, les insultes qui précèdent parfois les agressions verbales ou physiques, dès le collège. Dans quels cercles ces jeunes, turbulents ou agressifs, évoluent-ils ? Principalement, au sein de leur famille, dans l'enceinte scolaire ou dans l'entourage des copains. Mais au contact permanent des images de violence que la société véhicule tous azimuts, sur ses écrans .

Il serait temps que, dans leur univers parental ou scolaire, la présence d'une autorité ferme et juste soit renforcée. Or, seuls des adultes (parents et enseignants, tous deux éducateurs)) sont en état d'apprendre aux jeunes les règles de conduite élémentaires qui vont de la maîtrise de soi au respect de l'autre. Par une série d'abandons et de reculs, nous avons abandonné ce terrain, nous en payons lourdement aujourd'hui les effets. C'est cet effort d'éducation qu'il faut réentreprendre d'urgence. Tout le reste n'est qu'alibi ou gadget, de l'intervention de la police dans les établissements, à la fouille des cartables ou à la pose de portiques de sécurité ou de caméras de vidéosurveillance. Au mieux, cette panoplie ne fera que déplacer la violence, sans la résorber. Ce n'est pas d'une politique de Gribouille que nous avons besoin, c'est d'une mobilisation collective pour procurer à tous les jeunes une chance de se réaliser et de s'épanouir dans notre société.

mardi 5 janvier 2010

Le monde à l'envers




J'ai lu ce matin une tribune du sociologue Raymond Boudon soulignant que "nos élites sont victimes d'une perte des repères". Méditant ce jugement, l'actualité la plus récente m'en a instantanément fourni plusieurs exemples.

La gestion calamiteuse de la vaccination contre la grippe H1N1 : je ne reproche pas au ministre d'avoir maximisé le risque, à un moment où personne ne pouvait vraiment en prévoir la gravité et l'ampleur. Que n'aurait-on pas entendu si Roseline Bachelot avait réagi tardivement en ne commandant pas des doses massives de vaccin ? En revanche, la campagne de mobilisation et d'explication a été immédiatement au-dessus de zéro. Les instances de concertation ont été court-circuitées, les professions de santé tenues à l'écart, le dispositif monté par le ministère de l'intérieur avait tout d'une usine à gaz. Résultat, le scepticisme ambiant n'a cessé d'augmenter, la confiance dans les messages diffusés a diminué à vue d'oeil. C'est inquiétant. Que se passera-t-il si on est, un jour prochain, en face d'un fléau ravageur ? On a déjà été échaudé avec le virus de la grippe aviaire, il faut vite tirer les leçons de ce gaspillage. Esope raconte l'histoire de ce jeune berger qui criait "au loup" sans raison, jusqu'au jour où...
Au fait, j'attends toujours la convocation qu'on m'avait annoncée il y a plusieurs semaines !

La protestation injustifiable des grandes écoles : la conférence des grandes écoles vient de rédiger un texte dans lequel elle refuse l'objectif de 30 % de boursiers, envisagé à terme par la ministre de l'enseignement supérieur. Au nom du rejet des quotas et du nécessaire maintien du niveau des concours. On croit rêver ! Personne n'a parlé de quotas, en quoi l'admission d'étudiants d'origine plus modeste abaisserait la qualité de la formation dispensée ? Sciences-Po atteindra 30 % de boursiers dans deux ans, je ne sache pas que le diplôme en ait souffert. Les grandes écoles feraient mieux de s'interroger sur les modalités de sélection, la nature des épreuves qui perpétuent les inégalités sociales. Si les grandes écoles n'avaient que des mérites, on aurait, dans notre pays, la haute fonction publique la plus performante, les ingénieurs les plus inventifs, les managers les plus avisés.
Il faut balayer devant sa porte.

Les inconséquences de la ville de Rouen : à un niveau plus modeste, nos élus pourraient aussi se remettre en question. Ils dénoncent, à juste titre, le réchauffement climatique et tiennent un discours écologiquement bien-pensant. Mais, dans le même temps, les illuminations de la ville contredisent leur propos. Rien n'a été fait pour en réduire le coût et la durée (un mois), de grandes affiches 4 par 3 ont été placardées, une campagne de spots publicitaires financée sur France 3 pour vanter les mérites de "Rouen givrée". Est-ce bien cohérent ? Heureusement que V. Fourneyron et G. Grima se sont rendus au sommet de Copenhague. Je n'ose imaginer ce qui se serait passé là-bas s'ils n'avaient pas fait le voyage ?

mardi 22 décembre 2009

Une perspective intéressante : la création d'un PRES normand




Le C.A. de l'université du Havre, le dernier à se prononcer, vient de dire oui, à son tour , à la création d'un Pôle de Recherche et d'Enseignement supérieur : PRES. Ainsi , sera créé un établissement public de coopération scientifique regroupant les 3 universités normandes et les deux écoles d'ingénieur (INSA et ENSI). Dans le contexte concurrentiel qui est celui de la recherche, cette mise en commun des moyens, au niveau du Doctorat et des Masters, est la réponse la plus adaptée. On sait en effet que la recherche publique est nettement insuffisante dans un rayon de 250 kilomètres autour de Paris. La mise en place d'un réseau normand s'imposait donc avec d'autant plus d'évidence que le Gouvernement ne cache plus sa volonté d'aller vers des campus d'excellence, capables de prendre une meilleure place dans les classements internationaux.

Naturellement, l'outil ainsi forgé vaudra surtout par l'usage que l'on en fera et par la qualité des projets communs. Les universitaires montrent cependant la voie. Qu'ils en soient félicités. Plus que les élus municipaux qui, eux, ont décidé de saborder, l'an dernier, "Normandie Métropole", le réseau des 3 villes normandes : dans l'ordre alphabétique, pour ne froisser personne, Caen, Le Havre et Rouen. Dans cette affaire, qui est le plus visionnaire ? les universitaires qui décident de se rapprocher ou les maires qui interrompent le chemin commencé ensemble ? J'ai le sentiment que ces derniers sont en retard d'un train sur l'évolution de l'enseignement supérieur.

vendredi 18 décembre 2009

La crise est-elle finie ?



Depuis quelques semaines, le frémissement enregistré en Europe et la reprise de la croissance dans des pays comme la Chine font dire à de nombreux commentateurs patentés que la "crise est derrière nous". A longueur de journaux écrits ou télévisés, on nous assène ce slogan. Bel exemple de méthode Coué. Qui veut-on convaincre ? La crise sociale est devant nous. Il suffit de constater la forte augmentation du chômage (+ 650 000 demandeurs d'emploi en France). Au rythme actuel de croissance modeste, on ne connaîtra, au mieux, qu'une lente décrue. C'est l'aspect le plus préoccupant et le plus visible.

Mais sommes-nous vraiment sortis de la crise financière ? Certes, échaudés par la crise de 29, les Etats sont massivement intervenus pour sauver le système bancaire, selon une maxime désormais classique : privatisation des bénéfices et collectivisation des pertes ! On n'est pourtant pas à l'abri de nouvelles secousses. Sait-on d'abord quel est le niveau exact des titres pourris que détiennent encore bon nombre d'établissements financiers ? Mais surtout, chassées par la porte, les mauvaises pratiques rentrent par la fenêtre : spéculations financières déconnectées de l'économie réelle, bonus distribués aux traders, rachat de contrats d'assurance-vie plus que friables...Le contribuable n'acceptera pas de payer une seconde fois, a prévenu un responsable américain. En est-on sûr ?

Annoncée par le G 20, à grands renforts d'accolade, la régulation financière tarde à se mettre en place. Tant que le niveau de fonds propres imposé aux banques, tant que le niveau de risque raisonnablement acceptable n'auront pas été définis et contrôlés, il y a lieu de rester circonspect. Pour paraphraser un sociologue connu, on ne change pas par discours la nature du capitalisme.

jeudi 10 décembre 2009

M. le Ministre, vous vous trompez !



La question de la suppression de l'histoire en terminale S est tout, sauf secondaire (si je puis m'exprimer ainsi, s'agissant du lycée). De quoi s'agit-il ? Sous couvert de renforcer le niveau scientifique des bacs S, le ministre propose une augmentation du contingent horaire consacré à l'histoire-géo en première et son caractère simplement optionnel en terminale. Globalement, le compte n'y sera pas : l'enseignement de l'histoire-géo représenterait 4 heures avec la réforme contre 5 aujourd'hui. Il y a bien réduction. En soi, cette contraction n'est pas négligeable mais surtout elle nie la différence de mâturité entre un élève de première et un élève de terminale.

Le programme concerné est en effet crucial pour saisir les enjeux actuels, il s'agit en effet du monde contemporain. Aborder ces questions au terme de sa scolarité est important, c'est un peu un couronnement de la formation et de la réflexion. On nous dit que l'un des objectifs de la réforme est aussi de revaloriser la filière littéraire qui ne cesse de décliner. On marche sur la tête ! A qui fera-t-on croire que les bacheliers L seront plus nombreux si l'enseignement de l'histoire-géo devient optionnel pour les bacheliers S ? Déshabiller Pierre n'a jamais suffi à habiller Paul.

En vérité, on est en plein paradoxe. D'un côté, on lance un débat (mal parti d'ailleurs) sur l'identité nationale. De l'autre, on réduit la connaissance et la compréhension du monde contemporain pour les futurs bacheliers S qui sont aujourd'hui 50 % de l'effectif des bacs généraux. Que je sache, le bac S est loin de ne mener qu'à des carrières scientifiques, c'est aujourd'hui la voie royale (on peut le déplorer) qui conduit à des métiers très divers. Personnellement, j'essaie de former des étudiants au fonctionnement des institutions, aux modes de gouvernement, à l'équilibre des pouvoirs, au respect des libertés publiques. Les connaissances historiques de la plupart des bacheliers (toutes sections confondues) sont hélas bien faibles.

C'est pourquoi, je ne peux me résoudre à les voir diminuer encore. Un peu de cohérence dans l'action, s'il-vous-plaît. On ne peut, au même moment, inviter nos concitoyens à se pencher sur leur passé, sur leurs valeurs communes et restreindre les possibilités données aux jeunes d'y participer avec profit. M. le Ministre, vous pouvez "mieux faire".

mercredi 25 novembre 2009

"L'identité nationale, vrai ou faux débat ?" 26 novembre



Au moment où s'engage le débat sur l'identité nationale, l'université populaire de Rouen invite à une réflexion sur ce sujet qui fait polémique. Jeudi 26 novembre, Maison des Associations (11, avenue Pasteur), à 18 H 30. Entrée libre.

samedi 21 novembre 2009

Le Melville en grand danger



Jean-Michel Mongrédien

Le Melville entretient, à Rouen, la flamme fragile du cinéma d'art et d'essai. Depuis plusieurs années, Jean-Michel Mongrédien et son équipe se battent, à la fois, pour obtenir des films d'auteur, les maintenir à l'affiche et pour bénéficier, comme c'est maintenant le cas dans beaucoup de villes, du concours financier des collectivités locales. Pour continuer à vivre, ces quatre salles, au coeur de Rouen, ont besoin de 80 000 euros par an. A partager en trois, cela ne représente qu'une somme modeste pour chacune des collectivités. Le rappport coût-spectateurs est on ne peut plus intéressant. Combien de subventions, autrement plus élevées, se perdent en actions dont l'intérêt est discutable !

Pilote depuis l'origine de ce concours financier, organisé par la loi, la ville de Rouen vient malheureusement de diminuer par deux son aide et s'oppose à sa reconduction par le conseil général et le conseil régional. Au nom du projet de reconstituer un nouveau pôle art et essai au Gaumont République qui va très bientôt fermer ses portes. C'est ici que le bât blesse. L'idée de faire vivre d'autres salles au centre ville est évidemment bonne. A condition que ne soit pas détruit ce qui existe. Or c'est précisément le danger que court le Melville dans les prochaines semaines. Si ses charges d'exploitation ne sont pas équilibrées par ses recettes, il devra fermer, irrémédiablement. Ainsi partira en fumée le patient travail réalisé pendant tant d'années. Le festival du cinéma nordique lui-même qui doit tout à J. M. Mongrédien peut aussi disparaître dans la tourmente...

Qui voudrait de ce scénario absurde ? Il est temps que la ville rétablisse sa subvention et accepte une discussion avec le Melville, avant de précipiter sa chute. Le projet de réouverture du Gaumont République est intéressant mais il doit prendre en compte l'existence, menacée, du Melville. Comment ? L'une des possibilités est de poursuivre l'exploitation du Gaumont dans la ligne cinématographique d'aujourd'hui (un cinéma grand public, également utile en centre ville). L'autre est de proposer une association du Melville à l'exploitation du Gaumont ainsi que nous l'avions envisagée au départ. Faute de revoir ce dossier avec intelligence, nous courons un double risque : celui de voir fermé le Melville rapidement et celui de ne pas trouver ensuite d'exploitant sérieux pour le Gaumont. Nous perdrions alors sur les deux tableaux ! Ce serait lamentable pour le cinéma de centre ville et pour les films d'auteur.

A propos de film d'auteur, je recommande "Le ruban blanc" que j'ai vu, au Melville, cet après-midi. C'est un film rude. Mais Dieu que les images sont belles et donnent à réflechir sur les rapports parents-enfants, dans la société de l'Allemagne du nord, avant la guerre de 14. A côté du cinéma commercial, on a besoin aussi de films de cette qualité si on ne veut pas sombrer dans le plus total conformisme.

lundi 16 novembre 2009

Les grands défis écologiques 19 novembre et 7 janvier



A quelques semaines du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, l'Université populaire de Rouen vous propose deux conférences-débat, animées par Esther Martinez, consultante en environnement, ancienne Secrétaire générale de la DIREN. Une occasion de mieux mesurer les défis écologiques de la planète, sous l'angle environnemental et humain.

Maison des Associations (11, avenue Pasteur) jeudi 19 novembre et 7 janvier, à 18h30. Entrée libre, sans inscription préalable

dimanche 8 novembre 2009

Rencontre avec Yves MICHAUD, philosophe



L'Université Populaire et l'Armitière vous proposent une rencontre décapante avec Yves MICHAUD, philosophe, directeur de l'Université de tous les savoirs. Le 12 novembre, à 18 h, il viendra présenter son dernier livre :

"Qu'est-ce que le mérite ?" (Bourin éd. septembre 2009).

Venez l'écouter et dialoguer avec lui, vous ne le regretterez pas.
L'Armitière : 12 novembre, 18 h.

lundi 2 novembre 2009

Un débat sur l'identité, pour quoi faire ?



Curieuse idée et curieuse méthode que celles qui consistent à lancer, sans véritable réflexion préalable, et sous la conduite des préfets, un débat sur l'identité nationale. Cela vient un peu comme un cheveu sur la soupe et les résultats risquent d'être fort décevants. D'abord, pourquoi cette référence à notre "identité" ? S'il s'agit encore une fois de souligner notre singularité, je crains que l'exercice ne finisse en eau de boudin. Il y a, dans notre pays, un vieux fond d'orgueil et de nostalgie, mêlé de pétainisme qui me fait craindre le pire : un nouveau recroquevillement sur nous-mêmes, une justification supplémentaire de l'"exception" française. Ensuite, en quoi des fonctionnaires comme les préfets (placés sous l'autorité du gouvernement) sont-ils aptes à présider à un exercice qui n'a de sens que s'il est collectif et ouvert à toutes sortes de témoignages ? Français de souche et naturalisés plus récents, jeunes et seniors, responsables associatifs, chefs d'entreprise, artistes, intellectuels et ouvriers, chacun a son mot à dire, pour le plus grand bénéfice de tous.

Pour moi, il s'agit moins de définir une "identité" nationale que de s'interroger sur ce qu'est, aujourd'hui, la communauté dans laquelle nous vivons. Qu'est-ce qui fait France en 2009 ? Il est devenu banal d'évoquer la montée des incertitudes et des inégalités, l'aspiration à une réussite individuelle qui fait souvent oublier la solidarité élémentaire envers nos semblables. Notre vivre ensemble s'effrite comme se désagrège le ciment social qui devrait nous réunir. Comment renforcer notre cohésion ? Comment former une communauté de citoyens, libres et responsables, donnant à chacun la chance de se réaliser et de s'épanouir ? Si de telles questions sont au centre du débat, ce dernier pourrait être fructueux.

La France, ce n'est pas une collection d'individus déconnectés, livrés à la seule satisfaction de leurs intérêts, revendiquant leurs droits et oublieux de leurs devoirs. La France, c'est plus que l'addition de nos talents respectifs. C'est d'abord un passé, une histoire, une langue dont nous héritons. Mais, plus encore, c'est un idéal, un rêve partagés, un livre à écrire ensemble. C'est un fonds de valeurs et de règles de vie en commun que chaque génération enrichit à sa façon. Combien une réflexion sur ces aspects pourrait être fructueuse ! Elle nous aiderait à renouveler le pacte qui nous lie les uns aux autres, elle contribuerait à construire une société plus généreuse et plus accueillante. J'ai peur que ce ne soit hélas une occasion manquée...

samedi 31 octobre 2009

"Iran, la révolution invisible"



L'Université Populaire, en partenariat avec L'Armitière, invite à une rencontre avec Thierry Coville, auteur de : "Iran, une révolution invisible" (La Découverte). Chercheur à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques, T. Coville nous aidera à mieux comprendre l'importance de ce grand pays dont nous savons, en définitive, peu de choses. Qu'est-ce que la révolution islamique ? quelle est la part respective du religieux et du nationalisme ? Après la réélection contestée d'Ahmadinejad, l'Iran est-il une nouvelle menace pour le monde ?

5 novembre 2009, à 18 h, à L'Armitière (rue des Basnages)

lundi 19 octobre 2009

Jeudi 22 octobre : la réforme des collectivités territoriales



L'Université Populaire organise jeudi prochain une conférence-débat sur la réforme des collectivités territoriales (dont le projet de loi vient d'être mis au point). Une occasion de faire le lien avec le Rapport Balladur et d'échanger sur ces questions d'actualité.

Maison des Associations 11,avenue Pasteur - de 18h30 à 20h. Entrée libre

mardi 13 octobre 2009

Une expérience de péage urbain à Rouen ?



Lors de la discussion du Grenelle 2 sur l'environnement, un sénateur a fait adopter un amendement autorisant l'institution de péages urbains, à titre expérimental, dans les agglomérations de plus de 300 000 habitants. Peut-on faire de Rouen la première agglomération française à mettre en oeuvre cette expérience ? Pour avoir vu fonctionner un péage urbain à Oslo par exemple, je pense que ce serait tout à fait possible. Le schéma, accompagné d'une promotion des transports en commun, pourrait être le suivant :

-Institution d'un péage à la périphérie de l'agglomération : pour éviter tout ralentissement, des lecteurs de badge identifient la voiture et envoient au propriétaire une facture mensuelle (seuls, les visiteurs occasionnels ont à acquitter le péage manuellement comme sur autoroute).
-Développement de parkings de dissuasion gratuits aux principales entrées de l'agglomération (il en existe déjà comme celui du parc Expo mais d'autres devraient être aménagés)
-Encouragement à l'utilisation des transports en commun par la création d'une carte de circulation attractive (15 euros par mois, par exemple). Une telle mesure ne suffit pas : là où les transports en commun sont insuffisants en termes de desserte ou de fréquence, il conviendra naturellement de les renforcer.

Reste l'épineuse question du montant du péage. Ce dernier doit dissuader de prendre sa voiture et ne pas pénaliser les budgets modestes. Avec une hypothèse de 50 centimes d'euro, la dépense mensuelle serait pour 45 passages de 22,50 euros (à comparer au coût de la carte de transport). Une expérience d'une année permettrait de tirer les conséquences de ce péage urbain. Si l'on observe les exemples étrangers, la circulation automobile et la pollution dans les villes qui l'ont institué (Londres, Milan, Oslo, Stockholm...) ont diminué sensiblement. Le bilan environnemental y est très favorable. Pourquoi ne serions-nous pas les premiers à faire le test dans notre pays ? Je suis sûr qu'on parlerait alors de Rouen en termes flatteurs et que l'image de l'agglomération en serait améliorée.

Petite précision utile : l'institution de péages urbains en France n'est pas juridiquement possible aujourd'hui. C'est pourquoi, je fais référence à un amendement sénatorial qui devra encore passer l'épreuve du vote définitif.