Blog de Pierre Albertini

dimanche 31 décembre 2006

Bonne année 2007 !

2006 vit son dernier jour. Dans quelques heures, le calendrier nous fera franchir un nouveau cap. Certes, ce n'est qu'un jour s'ajoutant aux autres mais il y a là une portée symbolique, célébrée dans le monde entier.

C'est l'occasion de former des voeux pour l'année qui vient. De paix et de santé d'abord ("pace e salute", comme on dit en Corse), sans lesquelles on ne peut rien construire de durable. D'équilibre et d'optimisme raisonné, ensuite, pour rétablir les faits à leur juste proportion, dans une société accablée d'informations en tous sens et mal hiérarchisées.

Comment ne pas souhaiter enfin que notre vie soit inspirée, le plus largement possible, par une approche humaniste et non par la seule recherche du profit et l'accumulation effrénée des biens matériels ? S'il est vrai que "l'homme est la mesure de toutes choses" (Protagoras), chacun de nous peut contribuer à l'édification d'une communauté de citoyens plus solidaire et plus fraternelle.
N'y voir aucune allusion aux échéances électorales à venir !

samedi 23 décembre 2006

Le temps de Noël



Dans notre civilisation marquée par 2000 ans de chrétienté, quelle est la signification de Noël, aujourd'hui ? Pour les croyants, c'est la commémoration de la naissance du Christ, la nativité. Mais la célébration de Noël va bien au-delà, désormais. Elle s'étend à la société tout entière. C'est d'abord la fête des enfants, un temps privilégié de ressourcement familial, c'est aussi pour beaucoup un moment de vacances, à la neige ou ailleurs.

Malgré cette apparente diversité, je crois qu'on peut trouver une forte convergence dans les valeurs que porte Noël : l'amour, le respect des autres, la dignité de toute personne humaine, quelle qu'elle soit, la solidarité dont on est capable. Noël est dans cette perspective un temps de recueillement, de réflexion sur sa propre vie. Qu'en fait-on pour la mettre au service, non pas seulement de soi, mais aussi des autres ? Sachons prendre, dans les jours qui viennent, les précieuses minutes pour nous poser les bonnes questions !

dimanche 17 décembre 2006

Une Fac Dentaire Ă  Rouen ?


L'idée d'une Faculté de chirurgie dentaire, adossée à la Faculté de Médecine-Pharmacie et au CHU de Rouen progresse. L'amendement déposé par le groupe UDF et préparé avec l'Union des Jeunes Chirurgiens-Dentistes de Haute-Normandie a été adopté par le Conseil régional. C'est un premier pas...Le Préfet et les responsables universitaires sont favorables au projet qui pourrait prendre place dans le futur contrat Etat-Région.

On sait que notre région présente un déficit en offre de soins dentaires, lié au nombre insuffisant de praticiens en exercice sur notre territoire. La création d'une Faculté, intéressant une trentaine d'étudiants, permettrait d'améliorer progressivement la situation. Les étudiants rouennais, issus du concours en fin de 1ère année, sont obligés aujourd'hui de poursuivre leurs études loin et beaucoup quittent ainsi leur région d'origine.

Dossier Ă  suivre !

dimanche 3 décembre 2006

L'espace Ethique du CHU



Le CHU de Rouen a décidé de mettre en place un espace Ethique, destiné à recueillir des points de vue, à confronter des expériences sur les divers aspects de la maladie et de la souffrance des patients. Ce croisement de regards est tout à fait utile. Il réunit un nombre croissant de praticiens de diverses disciplines comme en témoigne la 3e journée qui s'est déroulée, la semaine dernière, sur le thème suivant : "l'annonce d'une maladie grave".

Ce sujet est au carrefour de données juridiques, déontologiques mais aussi philosophiques et religieuses. D'un côté, le malade a le droit d'être informé sur son état. De l'autre, le médecin doit lui délivrer une réponse claire et compréhensible. Facile à dire mais pas facile à mettre en application ! Chaque patient est un cas particulier, parfois désireux de savoir, parfois peu disposé à entendre. Et comment prévoir la réaction de l' environnement familial ? S'il n'y a pas de modèle, il y a des erreurs à ne pas commettre. Ecoute, dialogue sont les maîtres-mots de la confiance nécessaire entre soignants et malades.

Existe-t-il un esprit des institutions ?


De la conférence que j'ai donnée, hier, à l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, j'extrais ces quelques phrases de Montesquieu : celui-ci constate les conséquences fâcheuses de la disparition de la "vertu" (l'amour des lois et de la patrie) qui est, selon lui, le principe de la démocratie. C'est une forte invitation à réfléchir sur la situation de notre pays aujourd'hui :

"Lorsque cette vertu cesse, l'ambition entre dans les coeurs qui peuvent la recevoir, et l'avarice entre dans tous.
Les désirs changent d'objet : ce qu'on aimait, on ne l'aime plus ; on était libre avec les lois, on veut être libre contre elles ; chaque citoyen est comme un esclave échappé de la maison de son maître ; ce qui était maxime, on l'appelle rigueur ; ce qui était règle, on l'appelle gêne (...) Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La République est une dépouille ; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous".

L'Esprit des Lois, 1748.