mercredi 31 mai 2006
Par Pierre Albertini,
mercredi 31 mai 2006 à 22:15 :: Local

Un conseiller général de Rouen (facile à identifier) s'est cru bien inspiré en portant sur moi un jugement que je ne résiste pas au plaisir de vous livrer s'il vous avait échappé : "il est un excellent gestionnaire, je lui accorde 100 %. C'est un honnête homme droit et fiable aussi à 100 %. Il est travailleur aussi à plus de 100 %. C'est un bon orateur mais malheureusement il manque désespérément de charisme. Sa note ne dépasse pas les 2 %" (Liberté Dimanche du 28 mai).
Au premier abord, je me suis demandé à quel titre cet élu s'attribuait le droit de porter un jugement aussi personnel sur l'un de ses collègues. Cela m'a d'autant plus surpris que les attaches philosophiques de l'intéressé (recherche de la vérité, amélioration de l'homme et de la société) s'accordent mal avec ce genre de réaction. Dans un second mouvement, j'ai relativisé le propos et l'ai plutôt pris pour un compliment. Par les temps qui courent, les qualités de gestion, de travail et d'honnêteté qui me sont prêtées ne sont-elles pas plus importantes que le charisme ? Au moins, cela se discute.
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dimanche 28 mai 2006
Par Pierre Albertini,
dimanche 28 mai 2006 à 22:02 :: Local
Ce dimanche, les cérémonies en l'honneur de Jeanne d'Arc ont été placées sous la présidence d' Alain Sadourny, historien et l'un des fondateurs de l'université de Rouen dont on aurait dû fêter le 40e anniversaire cette année. Ce fut l'occasion, pour moi, de rendre hommage à tous ceux qui ont milité pour la création, à Rouen, d'une université de plein exercice. Aujourd'hui, ce sont 40.000 étudiants qui poursuivent des études supérieures (université, classes préparatoires, grandes écoles, BTS) dans l'agglomération, soit 10 % de la population. Qui aurait prévu une évolution aussi rapide en 1966 ?
Evoquant le long processus de réhabilitation de Jeanne d'Arc, commencé peu après la libération de notre ville et achevé le 7 juillet 1456, j'ai conclu ainsi mon discours :
"En réalité, Jeanne d'Arc était déjà entrée dans la légende : le peuple de France admirait la Pucelle depuis longtemps déjà . Il en avait fait un symbole, bien avant l'Eglise et l'Etat qui attendirent 1920 avant de la canoniser et d'en faire une héroïne nationale. Il y a plusieurs façons d'honorer Jeanne d'Arc. On peut voir en elle la sainte guidée par les commandements de Dieu, la jeune paysanne aux sentiments nobles et purs, le capitaine réglant l'artillerie et galvanisant ses troupes, la suppliciée dévorée par les flammes du bûcher et s'abandonnant à son sort. Il y a aussi plusieurs façons d'aimer Jeanne.
Priante, souffrante, rayonnante, humble pour elle-même et ambitieuse pour son roi, elle est l'image de la France.
Celle qui ne se résigne pas.
Celle qui se rassemble après les mauvais jours.
Celle enfin qui sait qu'entre le sabre et l'esprit, c'est toujours l'esprit qui triomphe".
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jeudi 25 mai 2006
Par Pierre Albertini,
jeudi 25 mai 2006 à 20:04 :: Local
Petite Notice technique :
Trois corps de bâtiments, articulés autour d'une cour ouverte, donnant sur la façade Romé restaurée et en correspondance avec les rues adjacentes (rues des Carmes et St-Romain).
Rez-de-chaussée en retrait pour prolonger les arcades existantes avec piliers revêtus de pierre.
Parvis sud : structure en béton devant laquelle est posée une façade en plaques de verre clair et transparent.
Au-dessus, plan incliné formant toiture.
Hauteur : 14,70 m. (à la gouttière ou à l'acrotère), 22 m. (au faîtage).
Hauteur du bâtiment actuel : 19,10 m. (à l'acrotère), 20,50 m. (au faîtage).
Contenu du projet : locaux commerciaux (dont un espace bar-restauration) en rez-de-chaussée et étage, salle de conventions pour congressistes (jauge de 250 à 300), logements dans les étages supérieurs.
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mercredi 24 mai 2006
Par Pierre Albertini,
mercredi 24 mai 2006 à 15:21 :: Local

Les musées de Florence ont fait à Rouen un magnifique cadeau : 80 peintures, sculptures et autres objets, illustrant six siècles d'art italien, de la fin du Moyen-Age aux confins du monde contemporain. Ce voyage est structuré autour du portrait. Les tableaux exposés sont tous une représentation de l'homme, dans son rapport avec Dieu ou avec ses semblables. Ils nous conduisent, pas à pas, vers cet "Eloge de l'individu" pour reprendre le titre que Todorov a consacré à la peinture flamande.
A partir du quattrocento, c'est la renaissance de la dignité de l'homme, c'est l'essor d'un humanisme qui accepte de montrer la beauté et la laideur, les tourments et les espoirs des hommes et des femmes de leur temps. L'âme humaine avec sa complexité se dévoile, l'artiste lui-même se met en scène. Au terme de ce "gros plan" (pour parler comme les cinéastes), les portraits que nous contemplons nous interrogent à leur tour sur ce que nous sommes, sur ce que nous voulons faire de notre vie. Croisement de regards sur notre éternelle condition, éclairée par le génie des artistes !
Oui, Malraux a mille fois raison de dire que "l'art est le plus court chemin qui mène de l'homme à l'homme".
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dimanche 14 mai 2006
Par Pierre Albertini,
dimanche 14 mai 2006 à 19:28 :: Local
Hier soir, après le dernier match disputé contre Nancy, une petite déception était perceptible aux Cotonniers. Le classement final a tenu à peu de choses : un début de championnat difficile, des blessés au mauvais moment, un ballon qui tourne autour du panier sans y rentrer...Mais la descente en Pro B ne doit pas faire oublier l'essentiel : une formidable aventure, marquée par une accession au plus haut niveau en quelques années.
Les Anglais disent à juste titre qu'"il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain". Les joueurs et leur coach ont donné le meilleur d'eux-mêmes, ils ont fait vibrer un public qui a toujours été au rendez-vous. C'est déjà beaucoup ! Il reste maintenant à consolider les acquis et à préparer le retour au top dans les meilleures conditions possibles. En 2008, ce sera le nouveau championnat que la Ligue de basket concocte. Rouen sera là , avec une belle équipe, et, nous l'espérons tous, un nouveau Palais des sports.
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jeudi 11 mai 2006
Par Pierre Albertini,
jeudi 11 mai 2006 à 22:17 :: Local
J'ai lu qu'il existerait une maquette du nouveau projet que son auteur ne voudrait pas montrer. Je crains que l'explication ne soit plus simple, au risque de décevoir les amateurs de petits secrets (il y en a beaucoup plus qu'on ne le pense). En réalité, une maquette de travail a bien été réalisée pendant la phase d'instruction du dossier par le Ministère. Son but était de mieux appréhender l'intégration du projet dans son environnement construit. Je l'ai vue il y a quelques semaines. Où est-elle depuis ? Chez le maquettiste ! Il faut en effet la modifier pour tenir compte des dernières prescriptions du Ministre (dédensification, mise en valeur de la façade Romé, notamment). Elle sera ensuite exposée dans différents lieux de la ville. Comme on peut le voir, il n'y a rien là de mystérieux.
Toute proportion gardée, cette rumeur me rappelle ce que m'a raconté, il y a bien longtemps, l'ancien maire de Toulouse Dominique Baudis. Il a reçu, un jour, dans son bureau, une personne qui lui a dit crûment être un "fabricant de rumeurs". Interloqué, Baudis a refusé de le croire. L'homme lui a alors proposé de définir avec lui une petite histoire "abracadabrantesque" comme dirait notre Président. "Si, avant six mois, quelqu'un vous la rapporte, vous saurez que je suis redoutablement efficace". Quelque temps plus tard, le maire de Toulouse, qui avait naturellement oublié cet épisode, fut tout surpris d'entendre de la bouche de l'un de ses administrés, digne de foi, l'histoire invraisemblable en question. J'ai longtemps oublié moi-même ce que m'avait raconté, amusé, mon ami Baudis. Jusqu'au jour où j'appris qu'il était affreusement et injustement mis en cause dans cette misérable affaire des prostituées de Toulouse.
Chacun en tirera les enseignements qu'il veut...
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samedi 6 mai 2006
Par Pierre Albertini,
samedi 6 mai 2006 à 13:17 :: Local
Si j'en juge par l'intensité des échanges entre nous et entre blogs, le débat est bien (re)lancé. Il est sain qu'en matière d'architecture, chacun puisse dire son mot car il s'agit bien de notre cadre de vie. Je souhaite simplement que cet échange respecte la diversité et la sincérité des opinions. C'est la condition du dialogue. Un peu comme la nouvelle construction devra elle-même dialoguer avec son environnement bâti.
Naturellement, le lieu est tellement chargé d'histoire et de spiritualité qu'il y a une exigence de qualité. L'édifice devra être de facture contemporaine sans être pour autant provocatrice. Cet équilibre n'est pas facile à trouver, d'où la longue instruction conduite à Paris. Une chose est sûre cependant : tout jugement sur le projet avant sa présentation au public, à la fin de ce mois, est prématuré.
Personnellement, je n'ai jamais accablé l'actuel Palais des Congrès, dû à l'architecte local Jean-Pierre Dusseaux et inauguré en 1975. Mais depuis sa fermeture pour des raisons de sécurité (insuffisance des issues de secours), en 1996, je considère que l'édifice n'a plus de sens puisqu'il est devenu impropre à l'usage pour lequel il avait été bâti.
Enfin, à ceux qui s'interrogent sur la propriété et la destination de l'espace, j'apporte les précisions suivantes. 1- L'actuel Palais des Congrès est la propriété du Consortium de Réalisations, chargé de vendre les actifs du...Crédit Lyonnais (affaire de sinistre mémoire pour les contribuables). 2- Il y a bien une obligation de reconstruire sur place et dans le même volume : en effet, le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur, approuvé par décret du 19 novembre 1982, impose le maintien d'un front de constructions au nord du parvis pour mieux respecter le caractère de cité médiévale de Rouen. A l'époque, un débat entre historiens et spécialistes de la conservation avait conclu à cette nécessité. Je n'ai aucune raison de mettre en cause ce choix 25 ans plus tard.
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mardi 2 mai 2006
Par Pierre Albertini,
mardi 2 mai 2006 à 09:45 :: Local

Depuis l'été 2005, après l'examen du projet par la Commission supérieure des sites, l'instruction du dossier s'est poursuivie sous la conduite de l'Inspection Générale. On sait en effet que le Ministère de la Culture avait, dès le printemps 2005, mis en oeuvre son droit d'évocation, justifié par l'environnement exceptionnel de la cathédrale et de son parvis. Par voie de conséquence, il en résultait un dessaisisement des services locaux et de la ville. Toute décision était suspendue à l'avis favorable du Ministère de la Culture. Le directeur de l'Architecture et du Patrimoine, M. Clément, vient de nous le communiquer. D'aucuns pourront trouver le temps long : il est vrai que la procédure d'instruction aura duré près d'un an. Faut-il le regretter ? Je ne le crois pas. La maturation d'un tel projet ne se décrète pas. La voie est désormais ouverte à la délivrance d'un permis de démolir et de (re)construire par la la ville. Mais la compétence de celle-ci est, juridiquement, une compétence liée. Comme le dit une vieille règle de droit, "donner et retenir ne vaut".
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