Blog de Pierre Albertini

samedi 13 octobre 2007

L'inauguration de TEOR : du CHU aux Hauts de Rouen en 10 minutes



L'achèvement du carrefour de la Place Saint-Hilaire permet désormais une liaison rapide, centre ville-Hauts de Rouen. Ce projet partagé a été conçu par l'agglomération et par la ville. Il faut s'en réjouir. Par rapport aux études initiales, il a été amélioré de manière significative : par un traitement de l'espace public et des stations, de même qualité dans le centre et sur les Hauts, ce qui n'était pas le cas à l'origine, par un prolongement du tracé jusqu'à Bihorel, grâce à la compréhension de son maire, Pascal Houbron. Aujourd'hui, la réussite est incontestablement au rendez-vous.

Un geste ethique : la restitution de la tĂŞte maorie

Le muséum de Rouen détient, depuis 1875, un tête tatouée d'origine maorie. Or, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a formulé, de longue date, une demande de restitution de ces têtes qui ont, pour le peuple maori, un caractère sacré et qui ont fait l'objet, au XIXe siècle, d'un trafic indigne. Plusieurs pays ont répondu favorablement à cette sollicitation. La France est jusqu'ici restée à l'écart de ce mouvement.

Considérant que les éléments du corps humain ne peuvent pas faire l'objet d'un "droit patrimonial", au terme de la loi bioéthique de 1994, nous pensons que ce reste humain ne peut être la propriété d'une collectivité publique. En accord avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et avec le soutien de la Fondation Nicolas et de l'UNESCO, je proposerai donc au Conseil municipal de rendre à la Nouvelle-Zélande cette tête maorie. C'est un geste éthique, fondé sur le respect de la culture des peuples et de la dignité que porte chaque personne humaine.

La restitution aura lieu le 23 octobre, au muséum. En novembre, la tête maorie, avec celles rendues par la Grande-Bretagne, rejoindra le musée de Wellington : des recherches seront alors effectuées pour identifier sa lignée tribale. La tête recevra alors une sépulture, dans sa terre d'origine. Rouen sera ainsi la première ville à accomplir cette démarche hautement symbolique.

jeudi 4 octobre 2007

A propos des Foyers de travailleurs migrants

La situation des deux Foyers de travailleurs migrants que possède Rouen Habitat (Moïse et El Hadji Omar) est préoccupante. Elle justifie tout refus d'en faire une exploitation politique qui pourrait compromettre les chances de les réhabiliter. Personnellement, mon seul but est d'engager, le plus vite possible, l'opération de réhabilitation, attendue depuis de longues années.

La dégradation de ces deux Foyers ne date pas d'hier. Elle est due à plusieurs causes : l'inadaptation des chambres aux normes de confort, notamment sanitaires, la vétusté du patrimoine bâti, l'insuffisante maintenance, aggravée pour l'un d'eux par un incendie récent qui a ravagé une vingtaine de chambres. Rouen Habitat a sa part de responsabilité car, de longue date, il n'a pas entrepris les travaux de rénovation nécessaires.

Un projet de transformation en résidence sociale a été étudié : il vient de recevoir un accord de principe, le 14 septembre, des services de l'Etat. L'objectif est de restructurer les chambres et de les doter d'un équipement digne (sanitaires, cuisine). Son coût approchant 2 M €, l'aide, nécessaire, de l'Etat et des collectivités semble acquise. Sur cette base, une mission de diagnostic et d'accompagnement social va être confiée à un organisme spécialisé. Il s'agit en effet d'étudier la situation de chaque locataire (âge, revenus, souhait de rester en France...). Tous ceux qui souhaitent rester dans ces Foyers le pourront, naturellement.

Dans l'immédiat, des travaux d'urgence de mise en sécurité seront prochainement effectués, pour environ 250 000 €. Ils seront engagés au 1er trimestre 2008, le Bureau de Rouen Habitat vient de le décider, le 3 octobre. Ils s'ajoutent aux travaux d'étanchéité de la toiture, achevés en mai dernier.

La gestion des Foyers est assurée par une association "AGIFOR", liée à Rouen Habitat par une convention dont le mécanisme financier est le suivant : AGIFOR verse une redevance de 69 € par chambre à Rouen Habitat, en retour elle perçoit auprès des résidents un loyer de 223 €. La différence lui permet, en principe, de couvrir les frais de gestion et d'entretien courant des Foyers. Depuis deux ans, elle ne versait plus aucune redevance à Rouen Habitat, accumulant une dette de 150 000 €. J'ai donc demandé qu'un plan de remboursement soit mis en place. Rouen Habitat s'engageait à entreprendre des travaux (étanchéité, mise en sécurité) et renonçait à un tiers de la dette. Ce plan a été signé par AGIFOR au printemps dernier. Hélas, il n'a pas été honoré d'un quelconque début d'exécution. Cette carence est funeste pour tout le monde, au premier chef les résidents, que j'ai rencontrés en septembre et qui demandent avec insistance un nouveau gestionnaire. Cette recherche est en cours, en liaison avec LOGISEINE qui possède également un Foyer géré par la même association.

Dans le même temps, le Président d'AGIFOR m'a informé qu'il déposait le bilan de l'association et mettait fin aux fonctions du directeur des Foyers, pour faute lourde. Il m'a parlé de chèques falsifiés et a porté plainte contre X. Chacun s'interroge évidemment à bon droit sur la destination des fonds perçus. La suppression des aides de l'Etat dont bénéficiait l'association jusqu'en 2006 n'explique pas tout, loin s'en faut. Laissons la justice fasse son oeuvre !
Ma seule certitude est l'obligation d'offrir aux résidents des conditions dignes d'habitation.

lundi 1 octobre 2007

L'agglo de Rouen vote une subvention Ă  l'ESC



Le conseil de la CAR, réuni ce 1er octobre, vient de voter une subvention de 250 000 euros par an (pendant 5 ans, soit 1 250 000 €) à l'Ecole Supérieure de Commerce, pour sa participation au développement économique de l'agglomération. C'est, à ma connaissance, une première ! Jusqu'ici, les collectivités publiques (région, département) ne finançaient pas le fonctionnement de tels établissements . Personnellement, je ne suis pas opposé à ce genre de concours financier, assorti de missions claires. Cependant, j'espère que ce type d'intervention ne sera pas limité à une école consulaire, fût-elle de qualité. Il existe aussi, à l'université notamment, des filières qui peuvent concourir au développement économique de l'agglomération. Je saurais le rappeler au Président Zimeray. Car, en ce domaine, l'équité s'impose.