Blog de Pierre Albertini

dimanche 26 août 2007

Raymond Barre : hommage Ă  un homme libre



La disparition de Raymond Barre va susciter une avalanche de commentaires consacrés aux diverses facettes de sa vie publique (université, Commission européenne, Gouvernement, candidature à l'élection présidentielle, mairie de Lyon...). Au-delà de l'attention apportée aux petites phrases, je voudrais dire tout ce que je dois, personnellement, à l'homme.

Au professeur qu'il a été, à Caen et à Rouen, dans les années 60. Sa silhouette arrondie, son pas tranquille rythmé par son inséparable cartable, l'attention portée au sort de ses étudiants étaient à l'opposé de l'image du "mandarin" que les évènements de mai 68 ont tenté de populariser. Son manuel d'Economie politique était déjà un grand classique et j'y ai trouvé, comme beaucoup d'autres, les fondamentaux de ce qu'on appelle la "science économique".

C'est un 1987-1988 que je m'engageais résolument derrière lui, en devenant le responsable de sa campagne présidentielle en Haute-Normandie. Son projet, complet, cohérent, réaliste n'a pas suffi à le porter au second tour. Ses deux concurrents avaient compris, en se coalisant contre lui, quel danger il représentait pour eux. L'histoire s'est répétée depuis.

Enfin, j'ai suivi la manière dont il avait hissé Lyon au rang de ville européenne qu'elle n'avait pas encore atteint avant lui.

Ce qu'il m'a appris tient en quelques phrases mais concerne l'essentiel de mes valeurs : ne pas privilégier le court terme sur le long terme, ne jamais s'enfermer dans une vision hexagonale, ne pas transiger sur l'intérêt général, ne jamais sacrifier l'Europe sur l'autel de l'opportunisme franco-français. Et, par dessus tout, ne pas aliéner sa liberté de pensée et d'expression.

Il y avait plus de gaullisme chez Raymond Barre que chez bien des héritiers, auto-proclamés, du général.

mardi 12 juin 2007

Elections législatives du 10 juin



Que penser du premier tour des élections législatives ? Elles s'inscrivent totalement dans la nouvelle logique institutionnelle qui donne la primauté a l'élection présidentielle et transforme donc la désignation des députés en un simple vote de conséquence. Les Français, après avoir choisi leur Président, lui accordent, quelques semaines plus tard, la majorité dont il a besoin pour gouverner. La faiblesse de l'enjeu, sinon son absence totale, explique un niveau d'abstention record (près de 40 %). Ceux qui avaient conclu un peu vite au renouveau de la politique en seront pour leurs frais.

Le premier constat, le plus rafraichissant, est l'effondrement des extrêmes, à droite, avec le FN, comme à gauche, avec les divers courants révolutionnaires. S'en remettront-ils ? Sans doute pas dans les prochaines années et il faut s'en réjouir car ils stérilisaient, dans une fonction purement protestataire, une bonne partie de l'électorat. L'échec des Verts et des communistes est tout aussi patent mais il ne me réjouit guère : les uns et les autres apportent une valeur ajoutée au débat politique, sans récuser l'exercice des responsabilités. Les premiers rebondiront peut-être, les seconds sont, je le crains, dans une spirale d'irrémédiable déclin, c'est toute une culture, aujourd'hui bien apaisée, qui risque de disparaître.

L'UMP, grâce à l'image et au dynamisme de son leader, "inflige une lourde défaite au PS" (Le Monde). La résistance socialiste n'est qu'apparente. En réalité, le PS ne profite pas de l'affaiblissement des Verts et de l'extrême gauche, son assise populaire ne fait que s'amenuiser depuis 2002. La cause est à rechercher, moins dans les rivalités entre les éléphants, que dans l'absence de travail de fond, depuis le funeste 21 avril. La combativité de Ségolène Royal n'a pu cacher le vide sidéral de propositions nouvelles. Beaucoup de militants ne savent plus où ils habitent...

Enfin, pour le Modem, c'est la "bérézina législative" que j'avais décrite à françois Bayrou comme inéluctable, en raison du mode de scrutin et de son refus de peser immédiatement sur le cours des choses, en proposant aux candidats un pacte de législatrure entre les deux tours. Le centre passe de 18,5 à 7,7 % des suffrages exprimés. La déperdition est plus douloureuse encore en termes de voix (de 6,8 à 2 M). Je me rappelle ce que me disait FB, six mois avant la présidentielle : "si nous faisons un score à deux chiffres, nous serons les rois du pétrole". On a peine à croire qu'il ait pu le dire, à voir son obstination ultérieure à cultiver, au-delà du raisonnable, une indépendance contraire à l'intérêt du pays qui a besoin de toutes ses forces pour se redresser. Etre au centre ne signifie pas être nulle part. Passer des alliances, est-ce illégitime ?

Les résultats, à Rouen, n'échappent pas aux tendances nationales. Par rapport aux présidentielles, la progression de B. Devaux est nettement plus forte que celle de V. Fourneyron. Le score obtenu par L. Leforestier est honorable et celui de JM Bérégovoy est supérieur à la moyenne nationale de son parti. Ces nuances font la singularité électorale de notre ville. Le pronostic pour le 17 juin est difficile, je ne m'y hasarderai pas ! En revanche, après la neutralité observée jusqu'au 1er tour, je confirme sans ambigüité mon soutien personnel (et celui de la majorité municipale) à Bruno Devaux pour le 17 juin prochain.

mardi 3 avril 2007

574,8 km/h



Bravo à Alstom qui vient de pulvériser pour le compte de la SNCF et de RFF, le nouveau record de vitesse du TGV.
Aux confins de la Meuse et de la Marne, Ă  13 h 13 une rame a donc atteint cette vitesse fabuleuse de 160 m/sec.
Devant ce super TGV, un TGV classique, parcourant la même ligne avec quelques minutes d'avance, était destiné à écarter les éventuels animaux.
Heureusement, celui-ci n'était pas en retard...

lundi 2 avril 2007

Compère et commère



Pour ceux qui auraient oublié l'usage de ces mots, non péjoratifs, je rappelle la fable de La Fontaine, "Le renard et la cigogne":

"Compère le Renard se mit un jour en frais,
Et retint à dîner commère la Cigogne".

La morale de la fable n'en est pas moins savoureuse : on sait en effet que, tour Ă  tour, chacun des hĂ´tes s'en retourna chez lui le ventre creux :
"Trompeurs, c'est pour vous que j'écris :
Attendez-vous Ă  la pareille".

vendredi 23 février 2007

Le cimetière des éléphants



L'annonce de l'arrivée des éléphants du PS dans l'équipe de campagne de Ségolène Royal qui jusque-là s'était parfaitement passée d'eux, signifie :

- sur la méthode : que la candidate et son équipe, lancés dans une campagne originale, conçue autour des débats participatifs, cèdent aux pressions très inamicales des anciens prétendants à l'investiture du parti. Cela était pourtant une nouveauté, au parti socialiste, que de se dégager des méthodes éculées des meetings surchauffés, et d'un programme construit autant que déconstruit par les ajouts successifs des éléphants et de leurs petits. C'est ce "charme"-là, qui n'était pas dans le physique de la candidate, comme voulait le faire croire certains de ses adversaires, mais bien dans la reconnaissance d'une volonté bien trempée et d'un courage certains, qui avait plu a de nombreux Français. C'en est donc fini...

- sur le fond : qu'il n'y a plus de fond ! Comment ne pas comprendre le retour de Lionel Jospin, de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, ennemis héréditaires qu'elle avait départagés à son avantage comme un grand retour au Parti Socialiste d'avril 2002 ? Décidément, la gauche classique n'est pas réformable, pas même par l'échec.

Cette tentative désespérée de sauver les apparences, sous la menace du centre, fonctionnera-t-elle ? Seul, le scrutin nous le dira...

lundi 8 janvier 2007

campagne présidentielle



Pour toutes celles et ceux que le débat politique national passionnent, je tenais à vous informer de la mise en ligne toute récente (quelques heures) du site de campagne de François Bayrou, bayrou.fr
le site

lundi 12 juin 2006

Analyse




En surfant ce week-end, je suis tombé sur le billet d'un blog que j'ai trouvé très pertinent. C'est une analyse critique de la gauche française en général et du socialisme en particulier. Je vous la soumets.

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dimanche 14 mai 2006

Mardi 16 mai : débat et vote sur la motion de censure



Une motion de censure a été déposée, par les députés socialistes, contre le Gouvernement. Elle donnera lieu à un vote solennel, mardi prochain. Conformément à la Constitution (article 49), "seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu'à la majorité des membres composant l'Assemblée". Soit 289 suffrages. Autant dire que cette exigence ne sera pas atteinte. Mais l'absence de suspense n'interdit pas de se situer sur le plan des principes.

A mon sens, on assiste depuis les années 80 à une dérive des institutions telles que le Général de Gaulle les avaient voulues : un Président détenteur de l'autorité politique mais ne l'exerçant qu'avec la confiance des Français. Le respect de cette condition l'avait conduit à démissionner, de sa propre initiative, après le référendum négatif d'avril 1969. Or cette conception de la responsabilité a été pervertie lorsqu'en 1986, François Mitterrand reste au pouvoir après sa défaite aux législatives : il appelle alors comme Premier ministre Jacques Chirac qui, de son côté, accepte d'exercer ses fonctions dans une cohabitation "entre chiens et loups". Ce scénario s'est reproduit, depuis, en 1993 (avec Edouard Balladur) et en 1997 (avec Lionel Jospin). Le maintien au pouvoir à tout prix, avec l'espoir secret d'éliminer son adversaire, ruine l'interprétation gaullienne de la Constitution.

La conséquence de cette nouvelle pratique est un affaiblissement de la fonction présidentielle et, plus encore, un exercice indécis du pouvoir. Comment les citoyens peuvent-ils s'y retrouver ? Une nouvelle étape a été franchie lorsque la rivalité entre Président et Premier ministre s'est doublée d'une seconde, au sein même du Gouvernement. "Tu fus mon ennemi même avant que de naître, Et tu le fus encore quand tu me pus connaître", dit Auguste, dans Cinna. Dans ces conditions, est-il excessif de parler de déliquescence et de discrédit ? Je ne le crois pas.

J'aurais donc toutes les raisons de voter la censure, le 16 mai. Pourtant, je ne le ferai pas. Je n'ai aucune envie de mêler ma voix à ceux qui ont participé, de près ou de loin, aux écoutes téléphoniques ou à l'affaire Green Peace ou qui ont cautionné un exercice machiavélique du pouvoir. Ils n'ont aucun titre à donner des leçons.

De Gaulle, réveille-toi, ils sont devenus fous !

mardi 21 mars 2006

Débat européen du 21 mars (suite)

Pour ceux que cela intéresse, voilà la transcription de mon intervention devant l'Assemblée.

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vendredi 10 mars 2006

Les intermittents du spectacle ont besoin d’une loi


Il est urgent de substituer un régime d’assurance chômage plus vertueux à celui, injuste et inefficace, de juin 2003. J'ai rédigé une proposition de loi en ce sens.

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